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USA : les discours anti-musulmans, du "grain à moudre" pour les islamistes (département d'Etat)


Une manifestation contre Donald Trump à New York, le 20 décembre 2015.
AFP PHOTO/KENA BETANCUR / AFP / KENA BETANCUR

Une manifestation contre Donald Trump à New York, le 20 décembre 2015. AFP PHOTO/KENA BETANCUR / AFP / KENA BETANCUR

Les discours anti-musulmans proférés aux Etats-Unis durant la campagne pour la présidentielle de novembre sont du "grain à moudre" pour la propagande de groupes islamistes armés, a mis en garde lundi la diplomatie américaine.

Le département d'Etat, qui d'habitude ne se mêle pas de la politique intérieure américaine, s'est bien gardé de citer le nom d'un candidat à la Maison Blanche mais il a clairement fait allusion au milliardaire Donald Trump, qui multiplie les déclarations hostiles à l'islam et aux musulmans, dont certaines ont justement été utilisées récemment dans une vidéo des islamistes somaliens shebab.

"Il n'y a pas d'examen religieux ici aux Etats-Unis et il ne doit pas y en avoir et tout commentaire contraire peut être perçu par des extrémistes comme du grain à moudre", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, John Kirby, interrogé sur d'éventuelles protestations de pays musulmans devant la tournure de la campagne électorale aux Etats-Unis.

"Le simple fait que les commentaires d'un candidat ont été utilisés dans une vidéo de recrutement pour un groupe extrémiste soutient parfaitement mon argument", a expliqué M. Kirby.

Il faisait allusion au fait que M. Trump est apparu dans une vidéo des shebab somaliens, affiliés à Al-Qaïda, destinée à attirer de nouvelles recrues, appelant les musulmans américains à "fuir l'atmosphère oppressive de l'Occident pour les terres de l'islam".

Celui qui fait la course en tête des sondages côté républicain, malgré ses déclarations à l'emporte-pièce contre les musulmans ou les immigrés latino-américains, a notamment proposé de fermer les frontières aux musulmans après les attentats djihadistes de Paris le 13 novembre (130 morts) et de San Bernardino en Californie le 2 décembre (14 morts).

Avec AFP

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