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USA: démission du président de l'université du Missouri après des tensions raciales


Le président de l'université du Missouri, au centre des Etats-Unis, a annoncé sa démission lundi au milieu d'une controverse sur la gestion par ses services de tensions raciales sur le campus.

Tim Wolfe a remis sa démission alors que des dizaines de joueurs noirs de l'équipe de football américain de l'université, véritable vitrine de l'établissement, menaçaient de se mettre en grève.

M. Wolfe a estimé lors d'une conférence de presse qu'il était important pour les étudiants de sa faculté de "guérir, pas de se haïr", et d'avancer.

"Je démissionne de mon poste de président de l'université du Missouri. C'est la bonne chose à faire. J'endosse la pleine responsabilité quant à la frustration des étudiants et je prends la pleine responsabilité pour l'inaction" face notamment à des insultes racistes dirigées contre des étudiants noirs de l'établissement.

Des insultes raciales proférées sur le campus contre des étudiants noirs ont été rapportées et en octobre, une croix gammée avait aussi été dessinée avec des excréments humains sur le mur d'un dortoir, selon des médias de cet Etat au passé esclavagiste.

Durant le week-end, plusieurs dizaines de joueurs noirs de l'équipe universitaire de football américain, l'une des meilleures du pays, ont affirmé qu'ils boycotteraient toutes les activités de l'équipe jusqu'à ce que Tim Wolfe démissionne ou soit renvoyé.

"Les athlètes de couleur de l'équipe de football de l'université du Missouri pensent sincèrement que +l'injustice n'importe où est une menace à la justice partout+", avaient-ils dit dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, citant le leader des droits civiques Martin Luther King.

L'entraîneur principal, Gary Pinkel, a soutenu les footballeurs et affirmé, peu après la démission de M. Wolfe, qu'ils continueraient leurs activités normalement et jouerait le match prévu samedi.

"Nous espérons pouvoir entreprendre un processus de guérison et de compréhension sur notre campus", a affirmé Gary Pinkel, selon plusieurs médias du Missouri.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a également abordé le sujet affirmant que "des discussions ont lieu concernant certains de ces problèmes qui surviennent sur des campus à travers tout le pays".

Plusieurs bavures impliquant des hommes noirs tués par des policiers blancs aux Etats-Unis ont généré depuis l'été 2014 des dizaines de manifestations fustigeant la brutalité policière et ravivé les tensions raciales.

Une professeure de russe de l'université, Nicole Monnier, a établi un lien entre les tensions sur le campus et les manifestations et émeutes déclenchées par la mort de Michael Brown, un Noir âgé de 18 ans abattu par un policier à Ferguson, également dans le Missouri.

"Beaucoup d'étudiant sur notre campus viennent de la région de Ferguson qui n'est située qu'à 160 km d'ici", a-t-elle expliqué à la chaîne CNN.

Le gouverneur de l'Etat du Missouri, Jay Nixon, a lui aussi salué la démission du président de l'université, la qualifiant "d'étape nécessaire à la guérison et à la réconciliation".

Avec AFP

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