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USA : Clinton déclarée gagnante des primaires démocrates, mais ne crie pas victoire


 Hillary Clinton avec les parlementaires démocrates de Californie, Karen Bass et Maxine Waters, lundi 6 juin 2016, Los Angeles, Californie.(AP Photo/John Locher)

Hillary Clinton avec les parlementaires démocrates de Californie, Karen Bass et Maxine Waters, lundi 6 juin 2016, Los Angeles, Californie.(AP Photo/John Locher)

La démocrate Hillary Clinton a passé lundi la barre du nombre de délégués lui assurant de devenir la première femme à briguer la Maison Blanche pour un grand parti américain, selon l'estimation de plusieurs médias américains.

Mais la candidate n'a pas crié victoire, craignant une démobilisation de ses partisans lors du dernier "super mardi" des primaires dans six Etats dont la Californie, où son adversaire Bernie Sanders espère arracher une victoire symbolique.

Et, ajoutant à la confusion, le sénateur du Vermont a immédiatement dénoncé la précipitation médiatique, affirmant que sa rivale ne pourrait pas revendiquer de victoire avant la convention d'investiture de Philadelphie, fin juillet.

Selon l'agence de presse Associated Press, l'ancienne secrétaire d'Etat a dépassé la majorité absolue de 2.383 délégués nécessaire pour l'investiture, en comptant les délégués remportés lors des primaires ainsi que les superdélégués, ces responsables et élus du parti disposant du droit de vote à la convention de Philadelphie, du 25 au 28 juillet.

Les chaînes NBC, ABC et CBS ont dans la foulée déclaré Hillary Clinton vainqueur des primaires, même si l'investiture ne sera officielle qu'après le vote de la convention. Bernie Sanders a environ 800 délégués de retard sur elle.

"Selon les informations, nous sommes au seuil d'un moment historique et sans précédent. Mais nous avons encore du travail, n'est-ce pas ? Nous avons six élections demain (mardi) et nous nous battrons pour chaque voix, surtout ici en Californie", a déclaré Hillary Clinton lors d'un meeting à Long Beach, près de Los Angeles.

L'ancienne Première dame était certaine de dépasser la barre fatidique à l'issue de ces primaires de mardi (Californie, New Jersey, Nouveau Mexique, Montana, Dakota du Sud et du Nord), en recevant ne serait-ce qu'une fraction des délégués en jeu. Mais en confirmant le ralliement de nouveaux superdélégués, les médias américains ont bouleversé le scénario prévu.

Son adversaire républicain pour l'élection présidentielle de novembre est connu depuis un mois: Donald Trump.

- Sanders résiste -

Le combat entre une femme et un homme d'affaires sans expérience politique sera sans précédent dans l'histoire américaine, point culminant d'une saison politique extraordinaire, marquée par la colère de l'électorat républicain et la contestation des élites d'un bout à l'autre de l'échiquier politique.

Désireuse de terminer en beauté par une victoire en Californie, bastion progressiste et Etat le plus peuplé du pays, Hillary Clinton évitait le triomphalisme et hésitait à commenter l'aspect historique de sa candidature, donnant rendez-vous pour un grand discours dans son fief de New York mardi soir.

"J'aurai plus de choses à dire demain soir", a-t-elle dit à des journalistes lundi, tout en reconnaissant son émotion à l'approche de l'échéance.

"Mes partisans sont passionnés", a-t-elle expliqué, notamment "car ils pensent qu'avoir une femme présidente enverra un message fort, un message historique sur le type de pays que nous sommes, et nos valeurs". "C'est très émouvant."

"Faisons en sorte que les 18 millions de fissures créées par cette femme il y a huit ans brisent enfin le plafond de verre", a lancé l'acteur Tony Goldwyn lundi lors d'une réunion publique, en référence au nombre -- insuffisant -- de voix obtenues par la sénatrice Clinton aux primaires de 2008 face à Barack Obama.

Le comportement de Bernie Sanders est désormais au coeur des préoccupations du parti. Le président Barack Obama semble lui-même à bout de patience et prêt à apporter un soutien public à Hillary Clinton, qui fut sa secrétaire d'Etat pendant son premier mandat.

Mais le sénateur du Vermont multiplie les actes de défiance. Il dénonce tout calcul incluant les superdélégués, qu'il affirme pouvoir faire changer d'allégeance avant Philadelphie. Plus de 500 sur 700 se sont ralliés à Hillary Clinton.

"Mme Clinton n'a pas et n'aura pas le nombre requis de délégués désignés par les primaires pour sceller l'investiture", a déclaré son porte-parole Michael Briggs dans un communiqué. "Elle dépend des superdélégués, qui ne voteront pas avant le 25 juillet, et peuvent changer leur avis d'ici là".

Avec AFP

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