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Pour la "Journée sans femmes", pénurie d'enseignantes à Alexandria


Des activistes lors de la Journée Sans Femme devant la Maison Blanche à Washington DC, le 8 mars 2017.

Devant l'avalanche inhabituelle de demandes des enseignantes souhaitant toutes prendre congés de manière exceptionnelle mercredi, la ville a pris sa décision.

"Il faut que ce soit gênant pour être efficace !" Face au succès de l'initiative du "Jour sans femmes" et au manque d'enseignantes, la ville américaine d'Alexandria a été contrainte de fermer toutes ses écoles mercredi, une mesure radicale plutôt bien accueillie.

"On comprend qu'une annonce seulement deux jours avant ne laisse pas beaucoup de temps aux familles pour s'organiser et trouver une solution de garde pour les enfants", concède Helen Lloyd, directrice de la communication pour les services scolaires de cette ville de la banlieue sud de Washington.

"Mais nous avons mis en place des services pour être sûrs que nous allons réduire au maximum l'impact sur les familles", souligne-t-elle.

L'école élémentaire Patrick Henry, qui accueille en temps normal 665 élèves, a mis en place un service de garde pour la journée. Les parents, moyennant 15 dollars, peuvent déposer leurs enfants de 09H00 à 18H00, ce qui leur permet de ne pas avoir à prendre une journée de congés imprévue.

Et dans cet établissement qui accueille des enfants issus de milieux défavorisés, petit déjeuner et repas de midi sont servis à tous les élèves qui se présentent.

Ainsi, malgré les désagréments nés de la fermeture des écoles, les parents soutiennent plutôt ce "Jour sans femme", pour lequel plusieurs organisations aux Etats-Unis demandaient notamment aux femmes de prendre leur journée et d'éviter de faire du shopping, pour appeler à davantage d'égalité et de justice pour les femmes. Une initiative particulièrement suivie à Alexandria.

"Je suis complètement pour le +Jour sans femmes+", dit Elizabeth Proctor en déposant sa petite fille à la garderie. "Cela permet de voir combien on apporte, tout l'impact qu'ont les femmes sur le monde autour de nous".

Nicole Radshaw, elle, n'a pas hésité à poser une journée de congés pour cette occasion particulière: "Même si fermer les écoles peut être un inconvénient pour certains, je pense qu'il faut que ce soit gênant pour être efficace. Les inconvénients d'aujourd'hui restent moindres que les inconvénients et défis auxquels les femmes doivent faire face dans notre société, et dans le climat politique actuel".

Helen Lloyd insiste sur le fait que la ville d'Alexandria, en fermant ses écoles, n'a pas cherché à faire passer un message politique.

"Notre décision n'a pas du tout été influencée par la politique, mais par la sécurité de nos étudiants: on a estimé qu'ouvrir nos écoles avec un personnel insuffisant mettrait en jeu la sécurité des enfants", souligne-t-elle.

Sur les 1.400 enseignants de la ville, plus de 300 avaient demandé à prendre leur journée mercredi, même si Mme Lloyd ne pouvait préciser la proportion exacte de femmes dans ces demandes.

"C'est sans précédent pour nous, nous n'avions jamais vu autant de personnels demander un congés pour une même journée", note-t-elle encore.

Quant à savoir pourquoi le "Jour sans femmes" a été aussi suivi à Alexandria, et moins dans d'autres villes alentours, Nicole Radshaw a son idée.

"Nous sommes une ville très progressiste, la plupart des gens ont voté pour Hillary Clinton et nous sommes exposés à différentes cultures", autant de points qui peuvent expliquer un tel soutien au "Jour sans femmes".

Alexandria a en effet voté à plus de 76% pour Mme Clinton à la dernière présidentielle en novembre, contre seulement 17% pour Donald Trump, dont les propos sur les femmes durant la campagne avaient fait scandale.

"Après la Grande marche des femmes en janvier (le lendemain de l'investiture de M. Trump, NDLR), ce +Jour sans femmes+ n'est qu'une suite logique", acquiesce Maureen McNulty, qui a aussi pris sa journée pour être avec ses enfants. "C'est une manière de mettre en lumière les droits des femmes, de demander de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, et, pour moi en tant qu'infirmière, de meilleurs soins pour les femmes".

"Je veux que mes enfants commencent à s'engager politiquement et donc aujourd'hui je vais les emmener à la manifestation au Capitole pour Planned Parenthood" (une association de planning familial). "Ce sera mieux que de les laisser devant Netflix", conclut-elle.

Avec AFP

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