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USA-RDC: Analystes et critiques se disent frustrés


La police congolaise a empêché tout rassemblement public des partisans d'Etienne Tshisekedi.

La police congolaise a empêché tout rassemblement public des partisans d'Etienne Tshisekedi.

Le département d’État a dénoncé les irrégularités du scrutin du 28 novembre, mais il dit qu'il n’est pas sûr qu’elles suffisent à invalider le résultat final.

Le département d’État américain a exprimé sa profonde déception quand la Cour suprême de la République démocratique du Congo a confirmé les résultats publiés par la Ceni sans une évaluation complète des irrégularités signalées durant le scrutin.

C’est cette même expression—profonde déception—qu’emploient activistes et analystes qui reprochent au gouvernement américain de n’avoir pas condamné en termes assez forts la réélection du président Kabila. Le leader de 40 ans a prêté serment le 20 décembre, après des semaines de tensions post-électorales et de violences parfois meurtrières.

Lors d’une récente manifestation devant la Maison Blanche, le Congolais Patrick Mubobo a déclaré que, d’après lui, M. Obama ne pratique pas ce qu’il prêche, surtout par rapport à son discours historique sur l’Afrique prononce au Ghana en 2009.

Le président Barack Obama

Le président Barack Obama

« Il a dit au Ghana que l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. Ce sont ses propres mots. Je cite son discours. Il doit le respecter/ Quand vous parlez de démocratie, vous devez la pratiquer et la soutenir. »

Selon ce manifestant congolais, les États-Unis ne font pas assez de pression pour des résultats corrects dans la présidentielle en RDC parce que les autorités américaines n’aiment pas son candidat, à savoir l’ancien Premier ministre Etienne Tshisekedi, à qui la Ceni a accordé la deuxième place.

" Ils croient", dit Patrick Mubobo, "qu’il ne sera pas favorable aux milieux des affaires, mais c’est archi-faux. Ils ne connaissent pas Tshisekedi. Ils ne le comprennent pas."

Cette opinion est partagée par Laura Seay, une experte sur le Congo qui enseigne à Morehouse College, dans l’état méridional de la Géorgie.

«Je pense que, dans une certaine mesure, la préférence pour Kabila est une perception correcte. Les diplomates occidentaux à Kinshasa sont un peu mal à l’aise avec lui, mais il est l’homme que l’on connaît et avec qui on peut travailler, tandis que Tshisekedi est perçu un peu comme un inconnu.»

Le président Joseph Kabila vote à Kinshasa, le 28 nov. 2011

Le président Joseph Kabila vote à Kinshasa, le 28 nov. 2011

Les observateurs du Centre Carter ont relevé le manque de crédibilité du processus. Le département d’État signale également les irrégularités du vote, mais n’est pas sûr qu’elles suffisent à invalider le résultat final.

Washington a toujours plaidé pour des élections libres, équitables et crédibles en RDC. L’administration Obama a aussi beaucoup investi dans ce domaine et d’autres. Ce mois encore, le secrétaire d’État-adjoint chargé de l’Afrique, Johnnie Carson, disait que les États-Unis sont le plus généreux donateur au Congo avec un engagement de plus de 900 millions de dollars durant la dernière année fiscale, pour le maintien de la paix, les projets humanitaires et de développement.

Beaucoup d’activistes congolais demandent la suspension d’une partie de cette aide, en attendant des élections crédibles.

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