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Wikileaks : des diplomatiques américains critiquent le soutien de la Chine aux régimes dictatoriaux d'Afrique


Des partisans du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, manifestant devant le tribunal londonien traitant son dossier

Des partisans du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, manifestant devant le tribunal londonien traitant son dossier

Dans l’un des télégrammes, un diplomate américain souligne que la Chine est un concurrent économique très agressif, dénué de sens moral, alors que les groupes de protection des droits humains critiquent l’appui apporté par Pékin aux régimes autoritaires du continent.

Des télégrammes diplomatiques américains diffusés jeudi par Wikileaks et repris par les médias révèlent que plusieurs hauts responsables américains ont vivement critiqué les politiques économiques de la Chine en Afrique.

Dans l’un des télégrammes, un diplomate américain souligne que la Chine est un concurrent économique très agressif, dénué de sens moral, alors que les groupes de protection des droits humains critiquent l’appui apporté par Pékin aux régimes autoritaires du continent.

Le défunt président nigérian Umaru Yar'Adua

Le défunt président nigérian Umaru Yar'Adua

Washington s’était également inquiété de la détérioration de l’état de santé d’Umaru YarAdua. L’ancien président nigérian était entré dans un coma, ce qui avait failli provoquer une crise constitutionnelle dans son pays, avant que son décès ne permette à Goodluck Jonathan de lui succéder.

Une autre note diplomatique avertissait que le Kenya pourrait connaître des violences encore plus graves que celles qui ont suivi les élections en 2007 si les réformes ne sont pas accélérées et la corruption combattue.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe

Le président zimbabwéen Robert Mugabe

D’autres missives sont franches, parfois peu flatteuses, au sujet de divers dirigeants africains, notamment les présidents sud-africains Jacob Zuma et Thabo Mbéki, ainsi que les leaders zimbabwéens Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai.

Selon un autre document, l'extraction illégale de diamants dans les mines de Marange, à l'est du Zimbabwe, aurait entrainé la mort de dizaines de milliers de personnes, tout en enrichissant l’élite politique.

WikiLeaks a également publié des messages détaillant un plan sur trois ans visant à écarter pacifiquement du pouvoir M. Mugabe.

Les Etats-Unis continuent de condamner dans les termes les plus fermes les fuites publiées sur WikiLeaks. Les dégâts sont substantiels, a souligné mercredi le porte parole du département d’Etat américain Philip Crowley.

P.J. Crowley, porte-parole du département d'Etat américain

P.J. Crowley, porte-parole du département d'Etat américain

Un ancien diplomate américain, Brooks Specter, qui travaille actuellement pour le magazine en ligne Maverick, basé en Afrique du Sud, explique qu’à cause de l’évolution des modes de communication, le monde est à un carrefour en quelque sorte.

« Peu importe qui vous êtes ou l'institution que vous représentez, vous commencez probablement à vous demander si ce que vous mettez dans vos documents sera lu par des millions de personnes à la une du magazine Der Spiegel ou du New York Times le mois suivant », a expliqué Specter, qui est d’avis que « cela va changer la nature du discours diplomatique, la façon dont le gouvernement américain, et d'autres, traitent leurs documents secrets. »

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