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Une nouvelle technique de purification de l'eau pour en améliorer la qualité


Jeune fille vendant de l'eau potable, denrée rare dans de nombreux pays en développement

Jeune fille vendant de l'eau potable, denrée rare dans de nombreux pays en développement

Une nouvelle technique de purification de l'eau pourrait améliorer sa qualité pour des millions d’habitants des pays en développement. C’est ce qu’affirment des étudiants de l'Université de Virginie, qui ont surnommé leur nouveau système : « Madi Drop ».

Ce système, qui a été mis à l’essai en Afrique du Sud, consiste en disques de céramique imprégnés de nanoparticules d’argent et de cuivre capables de filtrer certains agents pathogènes. Une solution prometteuse pour venir en aide aux populations des zones rurales éloignées des réseaux d’eau potable, vu que chaque disque coute seulement environ cinq dollars, et peut durer entre deux à cinq ans, pour des familles de six personnes.

Mlle Beeta Ehdaie, qui prépare son doctorat à l’université de Virgile, évoque les défis qu’entend relever le projet. « Il ne s'agit pas seulement de mettre au point une très grande technologie qui élimine ou tue de manière efficace les bactéries et les agents pathogènes » explique-t-elle. « Il s'agit de fabriquer une technologie à faible coût, simple d’utilisation, et adaptée aux populations des pays en développement qui n'ont pas beaucoup de ressources » ajoute l’étudiante.

A l’université de Virginie, les travaux se poursuivent, les étudiants cherchant notamment à déterminer s’il est nécessaire de varier la taille des MadiDrops selon la capacité des récipients d’eau.

Pourquoi ce nom « MadiDrop » ? Et bien « madi », cela signifie “eau” en Tshivenda, une langue parlée dans la province de Limpopo en Afrique du Sud, site d’une fabrique de filtres gérée par des femmes, et mise sur pied par les étudiants de l’Université de Virginie l’été dernier. Les employées mélangent du bois et de l'argile et fabriquent des filtres en forme de pot de fleur en forme de filtres qui servent à purifier l'eau potable.

L'eau coule à travers les filtres qui piègent les bactéries et les particules solides. La fabrique vend les filtres aux familles locales. Selon la Directrice Certinah Khashane, ces emplois ont changé la vie des femmes.

« Quand elles reçoivent de l'argent pour ces pots, elles achètent des uniformes scolaires pour leurs enfants » explique Mme Khashane.

L’avantage du système MadiDrop, c’est qu’il est moins encombrant et moins couteux que les filtres. Au cours des mois à venir, les étudiants vont le mettre à l’essai en Afrique du Sud. De l’avis des experts, cela permettra de mieux cerner son efficacité, notamment au plan pratique.

Maggie Montgomery, une responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), explique qu’il s’agira de déterminer si les usagers trouvent le MadiDrop pratique, s’il donne un goût inacceptable à l’eau, et ce qui se passe après l’expiration du filtre.

Si tout se passe bien, les sud-africaines seront invitées à fabriquer et vendre les MadiDrops, et les responsables du programment envisage de l’étendre alors à d’autres pays en développement.

« Imaginez une pierre magique, et que vous prenez cette pierre magique et la déposez dans votre réservoir d'eau » se permet de rêver le professeur Jim Smith de l’école d’ingénierie de l’Université de Virginie. « Cette pierre purifie l'eau et la rend potable. Et puis imaginez que cette pierre magique ne coûte que quelques dollars. Voilà, c’est ça un MadiDrop », poursuit le professeur Smith.
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