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Une journaliste française quitte la Chine après en avoir été expulsée


La correspondante en Chine de l'hebdomadaire français L'Obs, Ursula Gauthier.

La correspondante en Chine de l'hebdomadaire français L'Obs, Ursula Gauthier.

La correspondante en Chine de l'hebdomadaire français L'Obs, Ursula Gauthier, expulsée de facto du pays suite à un article ayant déplu aux autorités chinoises, a quitté Pékin pour Paris dans la nuit de jeudi à vendredi.

L'avion dans lequel elle avait pris place a quitté Pékin à vendredi à 01H17 locale (jeudi à 17H17 GMT), et était attendu à 5H00 française (04H00 GMT) à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Paris.

Mme Gauthier devait sortir du territoire chinois au plus tard le 31 décembre, les autorités locales ayant décidé qu'elle n'obtiendrait pas le renouvellement de son visa. Elle était accusée d'avoir "défendu de manière flagrante" des actes terroristes dans un article, et d'avoir ainsi "provoqué l'indignation du peuple chinois".

"Depuis un mois et demi, je n'ai pas réussi à établir un dialogue avec la Chine, c'est kafkaïen", a-t-elle déploré jeudi soir depuis son appartement.

La correspondante, en poste à Pékin depuis six ans, s'est déclaré "fatiguée" avant, visiblement émue, de charger ses nombreuses valises dans la voiture d'une amie et de partir en direction de l'aéroport international de Pékin, où l'attendaient deux diplomates français chargés de l'assister.

Le ministère chinois des Affaires étrangères avait informé vendredi Ursula Gauthier que, faute d'"excuses publiques" de sa part, elle n'obtiendrait pas de nouvelle carte de presse, sésame indispensable aux journalistes étrangers afin de renouveler leur visa.

Dans son article publié le 18 novembre dernier sur le site internet de L'Obs, Mme Gauthier écrivait notamment que l'attaque meurtrière visant des employés d'une mine dans la région troublée du Xinjiang (nord-ouest) "ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre" à Paris, mais était "une explosion de rage localisée" de Ouïghours musulmans, nombreux dans la région, et dont certains se plaignent de la tutelle de Pékin.

Avec AFP

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