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Pluieurs personnes tuées dans un attentat dans le nord-est du Nigeria


Un homme passe par des restes de maisons brûlées après une attaque de Boko Haram à Dalori près de Maiduguri, Nigeria, le 31 janvier 2016.

Un homme passe par des restes de maisons brûlées après une attaque de Boko Haram à Dalori près de Maiduguri, Nigeria, le 31 janvier 2016.

Plusieurs personnes ont été tuées mercredi, et plus de 50 blessées dans des affrontements entre le Mouvement Islamique du Nigeria (IMN), groupe chiite, et les forces de sécurité dans l'Etat de Katsina (nord). Le porte-parole du mouvement parle d’au moins 10 morts.

"Dix de nos membres ont été tués par la police et par des soldats, qui ont ouvert le feu sur notre procession" dans la ville de Funtua, a expliqué à l'AFP Husseini Yero, porte-parole de l'IMN.

La vague de violences s'est propagée dans plusieurs Etats du Nord du Nigeria, en ce jour de l'Achoura, fête religieuse particulièrement suivie par la mouvance islamique chiite.

Les gouvernements de Katsina, Kebbi et Kano avaient interdit aux musulmans chiites d'organiser leur traditionnelle procession religieuse.

A Kaduna (Etat de Kaduna), où l'IMN - mouvement extrémiste pro-iranien - est totalement interdit depuis la semaine dernière, les affrontements auraient fait deux morts.

L'hostilité envers les chiites est montée d'un cran depuis une semaine dans cette ville convertie au salafisme, les imams n'hésitant plus à faire des prêches haineux contre la minorité, selon les habitants.

Mercredi, des témoins ont rapporté qu'une foule de "centaines de personnes" ont mis à sac la maison de Mukhtar Sahabi, leader local de l'IMN, avant d'y mettre le feu.

"Nous essayons de retrouver deux de nos membres qui étaient dans la maison lorsque les pillards sont rentrés", a expliqué Ishaq Saleh, de l'IMN, craignant qu'ils "soient morts".

A Kano, cité millénaire de l'islam sunnite de 10 millions d'habitants, des douzaines de personnes ont été blessées, alors que la foule s'en est pris aux pèlerins chiites pendant leur célébration.

"Nous avons soigné 17 personnes blessées, et sauvé 138 femmes de l'IMN prises à partie par la foule", a rapporté le porte-parole de la police de Kano Magaji Musa à l'AFP, soulignant que les forces de sécurité ne condamneraient pas ces personnes malgré l'interdiction d'organiser leur procession.

L'IMN ne reconnaît pas l'autorité d'Abuja et est partisan de l'instauration d'un régime à l'iranienne, notamment dans l'Etat de Kaduna.

En avril dernier, Amnesty International avait accusé l'armée d'avoir tué plus de 350 musulmans chiites, d'avoir enterré les cadavres dans une fosse commune et d'avoir détruit les preuves, allégations ensuite avérées par une enquête locale.

Le chef de l'IMN, Ibrahim Zakzaky, incarcéré plusieurs fois par le passé, est en détention depuis décembre. Blessé après les heurts avec l'armée, il est partiellement paralysé et a perdu un oeil.

La moitié de la population du Nigeria est musulmane, quasi entièrement sunnite, avec une petite minorité de chiites, selon les chiffres officiels.

Avec AFP

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