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Une commission parlementaire contre des frappes britanniques en Syrie


Des habitants de Douma après un bombardement attribue aux forces loyales au régime de Bachar El-Assad, 29 octobre 2015.

Des habitants de Douma après un bombardement attribue aux forces loyales au régime de Bachar El-Assad, 29 octobre 2015.

La commission parlementaire britannique des Affaires étrangères s'est prononcée mardi contre des frappes en Syrie, estimant, dans un rapport, que Londres devrait plutôt se concentrer sur les efforts diplomatiques pour y ramener la paix.

"Nous pensons qu'il ne devrait pas y avoir d'extension de l'action militaire britannique à la Syrie sans une stratégie internationale cohérente qui ait des chances réalistes de vaincre l'EI et de mettre fin à la guerre civile en Syrie", estiment les membres de cette commission.

Actuellement, l'armée britannique effectue des frappes contre l'organisation Etat islamique (EI) en Irak dans le cadre de la coalition internationale menée par les Etats-Unis. Des frappes que le Premier ministre David Cameron aimerait étendre à la Syrie.

Mais pour le député conservateur Crispin Blunt, président de la commission, "il existe de multiples engagements militaires non coordonnés émanant d'un grand nombre d'acteurs internationaux en Irak et en Syrie" et "rendre la situation militaire encore plus complexe nous détournerait du principal objectif qui est de mettre fin aux souffrances et de contrecarrer la propagation de cette idéologie dangereuse, barbare et régressive".

Le rapport préconise donc que le gouvernement se concentre sur les efforts diplomatiques visant à parvenir à la paix. Vendredi, dix-sept pays, dont la Russie, les États-Unis, la France et pour la première fois l'Iran, se sont réunis à Vienne pour examiner les possibilités d'un règlement politique de ce conflit, qui fait rage depuis plus de quatre ans et a fait plus de 250.000 morts.

"Le Royaume-Uni reste déterminé à utiliser tous les outils disponibles pour sauver des vies et créer les conditions pour (rétablir) la paix en Irak et en Syrie", a réagi le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond, soulignant que son pays agit à la fois sur les plans diplomatique, humanitaire et militaire.

"Les frappes de la RAF (Royal Air Force) contre l'EI ne sont pas l'unique solution, mais l'action militaire, en coordination avec nos alliés, a un impact substantiel sur l'EI (...) qui a perdu 30% de son territoire en Irak au cours des douze derniers mois", a-t-il ajouté.

A la fin de l'été 2013, David Cameron n'avait pas réussi à obtenir l'assentiment du parlement pour des frappes en Syrie. Échaudé par cette défaite, il a décidé de ne soumettre de nouveau une telle proposition que si elle faisait l'objet d'un consensus parmi les députés.

Or, le Premier ministre britannique ne dispose que d'une étroite majorité aux Communes. Certains membres de son camp étant opposés aux frappes en Syrie, il sait qu'il ne peut obtenir l'aval de Westminster sans le soutien de l'opposition.

Avec AFP

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