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Un suspect recherché pour l'attentat à Bangkok


Le site de l'attentat à Bangkok, en Thaïlande (Photo: Steve Herman / VOA)

Le site de l'attentat à Bangkok, en Thaïlande (Photo: Steve Herman / VOA)

La Thaïlande est en proie depuis des années à des dissensions politiques dégénérant parfois en violences.

BANGKOK (Reuters) - Les autorités thaïlandaises n'excluent aucune piste après l'attentat qui a fait 22 morts dans un sanctuaire religieux du centre de Bangkok et ont fait savoir mardi qu'elles étaient à la recherche d'un "suspect" aperçu sur des images de videosurveillance.

Les enquêteurs n'écartent pas l'hypothèse selon laquelle cette attaque, lundi soir, aurait pu être commise par des opposants au pouvoir militaire, même si l'armée juge que le mode opératoire "ne ressemble pas" aux méthodes employées par les rebelles séparatistes du sud de la Thaïlande.

Signe que la tension n'est pas retombée mardi, un petit engin explosif a été jeté d'un pont, selon un policier présent sur les lieux. On ne compte aucun blessé.

Un "suspect" repéré sur les caméras de surveillance près du site de l'explosion est recherché, a annoncé le Premier ministre, Prayuth Chan-ocha. "J'ai ordonné que les images des caméras soient vérifiées car il y a un suspect, mais ce n'est pas clair qui il est", a-t-il dit aux médias.

Sur ces images, on peut voir un jeune homme en t-shirt jaune entrer dans le temple d'Erawan à une heure d'affluence, y déposer un sac à dos au milieu des touristes, puis quitter les lieux avec à la main un sac plastique et ce qui ressemble à un téléphone portable.

Cet attentat, qui vise selon le gouvernement à saper l'économie du pays, n'a pas été revendiqué.

Des policiers étaient encore déployés mardi sur le site de l'attentat à la recherche de nouveaux indices au milieu des flaques de sang dans ce sanctuaire habituellement prisé par les touristes.

CONDAMNATION DE PEKIN

"La police n'exclut rien, y compris la politique intérieure et le conflit relatif aux Ouïghours que la Thaïlande a renvoyés en Chine", a déclaré à la presse le chef de la police, Somyot Pumpanmuang.

La Thaïlande a expulsé en juillet 109 Ouïghours vers la Chine. Des centaines, voire des milliers, de membres de cette minorité musulmane turcophone ont fui les troubles qui agitent le Xinjiang, région de l'ouest de la Chine où ils se disent persécutés.

Le Premier ministre, Prayuth Chan-ocha, selon lequel cet attentat est sans précédent en Thaïlande, a pour sa part déclaré qu'il existait "encore des groupes antigouvernementaux", sans plus de précisions.

En tant que chef de l'armée, Prayuth Chan-ocha a conduit un coup d'Etat en mai 2014 après plusieurs mois d'agitation politique en Thaïlande. Il a ensuite été nommé Premier ministre en août 2014. Il a annoncé mardi un remaniement du gouvernement.

Le porte-parole de la police thaïlandaise a avancé mardi un bilan global de 22 morts et 123 blessés.

Quatre Chinois, dont deux habitants de Hong Kong, figurent parmi les personnes tuées. Deux Malaisiens, un Indonésien, une personne originaire des Philippines et une autre de Singapour ont aussi été tués.

Par l'intermédiaire de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, Pékin a "fermement condamné" l'attaque et exhorté le gouvernement thaïlandais à retrouver et punir sévèrement ses auteurs.

ATTRACTION TOURISTIQUE MAJEURE

La Thaïlande est en proie depuis des années à des dissensions politiques dégénérant parfois en violences.

Les trois provinces du sud du pays, majoritairement bouddhiste, sont en outre le théâtre d'une rébellion séparatiste musulmane. Le conflit a fait plus de 6.500 morts, essentiellement des civils, depuis 2004 mais il a rarement débordé au-delà de ces trois régions.

Le chef de l'armée a émis des doutes quant à un lien entre cette insurrection dans le sud et l'attentat à Bangkok.

"Cela ne ressemble pas aux incidents qui ont lieu dans le sud de la Thaïlande. Le type de bombe utilisée ne correspond pas non plus à ce qui se passe dans le sud", a dit le général Udomdej Sitabutr, également vice-ministre de la Défense, dans une interview télévisée.

Situé à un carrefour très fréquenté de la capitale thaïlandaise, près de grands hôtels, de centres commerciaux, de bureaux et d'un hôpital, le sanctuaire d'Erawan est une attraction touristique majeure de Bangkok, en particulier pour les visiteurs venus d'Asie de l'Est, notamment de Chine. De nombreux Thaïlandais viennent aussi fréquemment s'y recueillir.

"Les auteurs avaient l'intention de détruire notre économie et le tourisme car l'incident s'est produit au coeur du quartier touristique (de Bangkok)", a déclaré lundi soir le ministre de la Défense, Prawit Wongsuwan, à Reuters.

Le tourisme est l'un des rares secteurs porteurs de l'économie thaïlandaise, qui continue de souffrir plus d'un an après le coup d'Etat de l'armée en mai 2014. Il représente environ 10% de l'activité du pays et le gouvernement espérait un nombre record de visiteurs cette année après le net recul enregistré en 2014 en raison de l'agitation politique.

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