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Un pré-rapport met en cause les résultats de l'élection présidentielle au Gabon


Le président Ali Bongo prête serment pour un deuxième mandat à Libreville, Gabon, le 27 septembre 2016.

Le président Ali Bongo prête serment pour un deuxième mandat à Libreville, Gabon, le 27 septembre 2016.

Un pré-rapport rédigé sous l'égide de l'Union africaine (UA) et révélé jeudi remet de nouveau en cause les résultats de l'élection présidentielle au Gabon, qui s'est officiellement conclue par la réélection d'Ali Bongo Ondimba, toujours contestée par son rival Jean Ping.

Ce "brouillon" d'un "rapport de mission à la Cour constitutionnelle du Gabon sous l'égide de l'Union africaine" juge "invraisemblables" les procès-verbaux des bureaux de vote dans la province du Haut-Ogooué, où Ali Bongo a assuré sa victoire avec 95% des voix pour 99% de participation, lors du scrutin à un tour du 31 août dernier.

Sur l'ensemble des neuf provinces, M. Bongo a officiellement remporté l'élection avec 50,66% des voix contre 47,24% à Jean Ping, soit environ 10.000 voix d'avance sur quelque 325.000 électeurs, selon la Cour constitutionnelle qui a rejeté le 23 septembre le recours de M. Ping.

Les deux experts qui signent ce pré-rapport s'interrogent sur la présentation parfaite des procès-verbaux du Haut-Ogooué par rapport à ceux des bureaux dans d'autres provinces du pays, selon ce "brouillon d'un rapport final" de trois pages révélé par le journal gabonais proche de l'opposition Moutouki.

"Les procès-verbaux de la province du Haut-Ogooué sont si bien rédigés, ordonnés (...) qu'ils paraissent invraisemblables", écrivent les deux experts, le président de la Cour constitutionnelle du Tchad et un juge constitutionnel du Togo.

Ils s'étonnent également de "la coïncidence entre le nombre d'inscrits, celui des suffrages exprimés et l'attribution quasi-totale de ceux-ci à un seul candidat" dans cette province fief de la famille Bongo.

"Toutefois, il convient de noter que dans la commune de Libreville, certains procès-verbaux ne sont pas sans susciter des interrogations (...)", ajoutent-ils. La Cour constitutionnelle avait annulé les résultats dans des bureaux de vote de la capitale, augmentant l'avantage d'Ali Bongo sur Jean Ping.

"Ce document n'est pas crédible. C'est un brouillon. Nous ne l'avons pas", a réagi à l'AFP Me Francis Nkea, nommé ministre des Relations avec le Parlement après avoir été l'un des avocats d'Ali Bongo devant la Cour constitutionnelle.

Sa réélection validée, le président Bongo a nommé un nouveau gouvernement et proposé sans succès un "dialogue" à l'opposition réunie autour de M. Ping, qui continue à se proclamer "président élu".

Des élections législatives doivent se tenir au Gabon en décembre.

Avec AFP

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