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Un policier filmé en flagrant délit de corruption condamné avec sursis au Sénégal


Un policier régule la circulation routière à Dakar, Sénégal, 31 août 2010.

Un policier régule la circulation routière à Dakar, Sénégal, 31 août 2010.

La justice sénégalaise a condamné à deux mois de prison avec sursis un policier arrêté en juillet après la diffusion d'une vidéo dans laquelle on le voit accepter de l'argent pour effacer une contravention, rapporte un avocat de la défense.

Le policier avait été filmé à son insu au moyen d'un téléphone portable par deux jeunes femmes. Elles ont aussi été visées par l'enquête ouverte après la diffusion de la vidéo, dont la diffusion a suscité une vive controverse au Sénégal.

Sur le film, on voit l'agent incriminé d'abord exiger des automobilistes ayant commis une infraction non précisée une amende légale de 6.000 FCFA (9,14 euros).

Les occupants de la voiture - dont les visages n'apparaissent pas, mais on entend surtout des voix féminines - lui proposent 2.000 FCFA (trois euros), offre qu'il décline, mais il accepte 3.000 FCFA (4,57 euros) à la place de l'amende, avant de mâcher devant eux la fiche de contravention.

Inculpé de "corruption passive", le policier a comparu mardi en procédure de flagrant délit devant un tribunal de Dakar, qui l'a condamné jeudi à deux mois de prison avec sursis et 150.000 FCFA (près de 230 euros) d'amende, a affirmé à l'AFP un de ses avocats, Aboubacry Barro.

Cette peine, qui n'atteint pas "90 jours", lui évite une radiation de la police, a précisé Me Barro, indiquant qu'il était libre jeudi soir.

Après la diffusion de la vidéo, il avait été mis aux arrêts de rigueur le 25 juillet, pour quinze jours, selon un porte-parole de la police.

Les deux jeunes femmes à l'origine de la vidéo étaient poursuivies pour "corruption active" et "collecte et diffusion de données à caractère personnel". L'une d'elles, jugée en même temps que le policier, a été condamnée à un mois de prison avec sursis et 150.000 FCFA d'amende, d'après Me Barro.

"Elle a été relaxée du chef de collecte et diffusion de données à caractère personnel, mais déclarée coupable du délit de complicité de corruption", a précisé un avocat de la jeune femme à la radio privée RFM.

Selon une source judiciaire distincte et la presse locale, la seconde jeune femme était en déplacement à l'étranger jusqu'à cette semaine. Elle a été appréhendée mercredi et placée en gardée à vue, et devrait être présentée prochainement à un juge.

Avec AFP

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