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Un opposant meurt en détention en Guinée


Des manifestants de l'opposition, Conakry, 8 octobre 2015

Des manifestants de l'opposition, Conakry, 8 octobre 2015

L’opposant décédé faisait partie de 20 militants de l'opposition arrêtés et inculpés en février dans le cadre d'une enquête sur la mort par balle d'un journaliste.

Mamadou Saïdou Bah, un des volontaires assurant le maintien de l'ordre au sein de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) lors de manifestations, est décédé après avoir été évacué à l'hôpital avec trois codétenus, selon les avocats.

"Mon frère Saïdou est mort", a dit un de ses demi-frères, Alfa Abdoulaye Bah, selon lequel il laisse trois veuves et douze enfants. "Mon frère est mort, je ne l'ai pas vu depuis février, je ne sais pas ce qui lui est arrivé", a affirmé un autre, Ousmane Bah. Aucune des sources n'était cependant en mesure de se prononcer sur la nature de sa maladie.

Un avocat de la famille, Me Alsény Diallo, a expliqué avoir été sollicité la semaine dernière pour des besoins d'une évacuation sanitaire de quatre des prévenus, dont M. Bah, écroués à la prison civile de Conakry, parce qu'ils étaient "tous malades".

"Je me suis rendu sur les lieux et effectivement, ils étaient tous malades", a ajouté Me Diallo, disant avoir déposé "une demande de mise en liberté provisoire, qui a été rejetée", mais avoir obtenu une "ordonnance d'hospitalisation que j'ai fait exécuter vendredi dernier".

"Malheureusement, ce (mardi) matin, j'ai été appelé par l'un d'eux qui m'a dit que leur camarade Saïdou est mort à 04H00 (locales et GMT)", a-t-il poursuivi.

Mamadou Saïdou Bah et les 19 autres militants de l'UFDG ont été inculpés en février d'"assassinat ou complicité d'assassinat, coups et blessures volontaires et non-assistance à personne en danger", d'après les avocats de l'UFDG.

Ils avaient été entendus à plusieurs reprises dans le cadre de l'enquête sur la mort du journaliste El Hadj Mohamed Diallo avant d'être placés en garde à vue. Le journaliste avait perdu la vie à la suite de blessures par balle infligées dans des heurts le 5 février entre la garde civile de l'UFDG et des partisans d'Amadou Oury Bah, exclu de la formation dont il était le vice-président.

Avec AFP

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