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Un officier nigérian condamné pour avoir laissé Boko Haram piller une caserne


Le président Muhammadu Buhari préside une réunion avec le haut-commandement de l'armée à Abuja, Nigeria, 2 juin 2015.

Le président Muhammadu Buhari préside une réunion avec le haut-commandement de l'armée à Abuja, Nigeria, 2 juin 2015.

Le général de brigade Enitan Ransome-Kuti a été condamné jeudi par une cour martiale pour "perte de matériel" pendant l'attaque de Baga, dans l'Etat de Borno, en janvier.

Lors de cette attaque, les troupes nigérianes avaient abandonné une caserne, dont les armes avaient été pillées par les insurgés islamistes.

L'officier, un neveu du célèbre chanteur d'afrobeat Fela Kuti, a également été reconnu coupable de manquement à ses devoirs, alors que le troisième chef d'accusation - la "lâcheté" - a été abandonné, a déclaré l'avocat Femi Falana à l'AFP.

L'attaque de Baga, sur les rives du lac Tchad, en janvier, a été une des plus meurtrières jamais commises par Boko Haram, bien qu'un bilan exact des victimes n'ait pas été établi.

Des centaines d'insurgés islamistes avaient tué des centaines, voire des milliers de personnes et enlevé des centaines de femmes et d'enfants.

La ville de Baga et des villages environnants avaient été en grande partie détruits, y compris une base militaire utilisée par des toupes du Nigeria, du Niger et du Tchad, dont l'armurerie avait été pillée.

Selon son avocat, M. Ransome-Kuti a déjà été détenu pendant six mois et devrait être libéré pour avoir purgé sa peine, mais la condamnation et la sentence doivent d'abord être confirmées par un comité militaire.

"(Les insurgés de) Boko Haram étaient plus nombreux que ses hommes (de l'officier inculpé). Ils avaient plus d'armes sophistiquées que l'armée nigériane, munie d'un équipement inutilisable", ce qui a provoqué le retrait des troupes nigérianes, a ajouté Me Falana.

En septembre 2014, 12 soldats nigérians avaient été condamnés à mort pour mutinerie après qu'un commandant eut été visé par des tirs.

En décembre 2014, une cour martiale nigériane a condamné à mort 54 soldats, défendus par Me Falama, accusés de mutinerie pour avoir refusé de participer à une opération contre les islamistes de Boko Haram, s'estimant sous-équipés.

En mai 2015, l'armée nigériane a annoncé que 579 officiers et soldats étaient jugés au cours de deux procès distincts pour indiscipline.

Selon l'armée et des sources indépendantes, la condition des soldats s'est améliorée depuis le début de l'année, grâce à de nouveaux investissements et approvisionnements en armes pour lutter contre Boko Haram.

Malgré ces améliorations, des soldats ont continué à se plaindre notamment de ne pas être payés correctement et de manquer d'équipement.

Avec AFP

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