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Un nouveau pré-Néandertalien découvert en France


(AP)

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Les fossiles humains du Pléistocène moyen - soit entre environ 781 000 à 128 000 ans avant notre ère - restent extrêmement rares en Europe du nord-ouest. D’où l’intérêt de la découverte.

Une équipe d'archéologues de l’Institut de recherches archéologiques préventives (Inrap), a mis au jour, sur le site préhistorique de Tourville-la-Rivière en Seine-Maritime, les vestiges d'un pré-Néandertalien.

Les fossiles humains du Pléistocène moyen - c'est-à-dire entre environ 781 000 à 128 000 ans avant notre ère - restent extrêmement rares en Europe du nord-ouest. D’où l’intérêt de la découverte, explique Jean-Philippe Faivre, préhistorien CNRS, Université de Bordeaux, l’un des responsables de ces fouilles.

Dans une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA), M. Faivre a précisé que des silex ont également été retrouvés sur le site de Tourville-la-Rivière. « Le contexte sur lequel nous intervenons correspond à une phase de la préhistoire qu’on appelle le paléolithique moyen ancien. Le niveau sédimentaire qui livre des silex, des ossements d’animaux et qui nous a livré ces fossiles humains est daté d’environ 200.000 ans ».

Or, a poursuivi le chercheur, « pour une telle période et pour ce territoire qui est le nord-ouest de la France, la seule humanité qui est représentée à ce jour, c’est l’humanité néanderthalienne. Donc, si on devait trouver des restes humains, il était quasi-évident qu’ils se rapportaient à la ligne néanderthalienne ».

Les vestiges humains fossiles retrouvés se composent des trois os longs du bras gauche d’un même individu, soit l’humérus, le cubitus et le radius. « Cinq échantillons d’os humains ont été analysés par les isotopes radioactifs de la série de l’Uranium 238 et huit dents animales par la même méthode et celle de l’Electro spin raisonnance (ESR) », précise un communiqué de l’Inrap et du CNRS.

Cette découverte, qui a fait l'objet d'une publication dans la revue internationale PLOS ONE, impliquait également des chercheurs de l’université nationale australienne, du Centre national de recherche sur l’évolution de l’Homme à Burgos (Espagne) et du département d’Anthropologie de l’université Washington à Saint Louis, aux Etats-Unis.

A l’époque où a vécu le spécimen dont les os ont été retrouvés, a également précisé M. Faivre, le climat de la France était relativement tempéré. La région était riche en faune sauvage, dont l’auroch, des rongeurs comme le castor ou encore, des sangliers, ours et loups. Le site de Tourville-la-Rivière continue de livrer leurs os.

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