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Un musée pour conserver la culture des autochtones à Brazaville


Quelques pygmées dans la réserve d'Epulu, dans l'Est de la RDC, 18 mars 2010.

Quelques pygmées dans la réserve d'Epulu, dans l'Est de la RDC, 18 mars 2010.

Selon l’ethnologue Sorel Eta qui a créé le conservatoire dans la capitale congolaise, l’objectif est de promouvoir la culture des populations autochtones menacée de disparition. Reportage de Ngouela Ngoussou

M. Eta rappelle que les pygmées représentent 10% de la population de la République du Congo.

Selon lui, bien qu’une loi ait été adoptée en 2011 pour protéger la culture des Pygmées, partie du patrimoine national, rien de concret n’est fait par les autorités.

L’objectif du musée est, soutient M. Etat, de "défendre la sauvegarde de la culture des autochtones".

Pour ce faire, il organise des journées portes ouvertes pour les élèves des écoles de Brazzaville en vue de leur enseigner ce qu’est la culture pygmée.

Des objets utilitaires dans la vie quotidienne des pygmées sont exposés dans son musés où la musique et les chansons sont constamment jouées.

M. Eta explique aux écoliers et autres visiteurs à quoi servent ces objets.

"Nous avons par exemple des lances pour la chasse, des luminaires pour éclairer, des nasses, des nattes suspendues qui servent de lit mais qui servaient autrefois de cercueil ; il y a aussi des jupes en raphia, des lianes… ", affirme M. Eta.

Contents d’avoir appris entre autres une façon différente de cuisiner les feuilles de manioc, les écoliers trouvés sur le lieu reprennent en chœur une mélodie Pygmée qu’ils viennent d’écouter.

"Maintenant je sais par exemple qu’on ne doit pas toujours piler les feuilles de manioc mais qu’on les ébrécher en les frottant contre de la liane", indique une écolière tout sourire.

Pour sa part, Rock Eloge Nzobu qui travaille aussi pour la défense des Pygmées prévient que la menace de l’extension de la culture Pygmée ne vient pas que des exploitants forestiers, des conservateurs ou des agro-plantations mais plutôt aussi des populations Bantoues.

"De plus en plus qu’il y a des brassages entre les autochtones et les Bantous, les autochtones ont plutôt tendance à commencer à imiter les Bantous et ainsi, à délaisser leur propre culture", se plaint M. Nzobu.

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