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Un ministre sud-africain déchu met en garde contre le règne des "gangsters


L'ex-ministre sud-africain des Finances, Pravin Gordhan,, 14 décembre 2015.

Pravin Gordhan a affirmé que le pays risquait de se retrouver gouverné par des "gangsters", une attaque à peine voilée contre le président Jacob Zuma qui l'a limogé la semaine dernière lors d'un remaniement controversé.

"Nous courons le risque en Afrique du Sud que les personnes honnêtes ne veuillent plus s'impliquer dans les institutions. Et quand la société a atteint ce point, alors c'est que l'on a livré l'Etat à une poignée de gangsters", a lancé Pravin Gordhan, ex-ministre sud-africain des Finances,

L'ancien ministre des Finances s'exprimait dans une cathédrale de la ville du Cap lors d'un hommage à une figure de la lutte anti-apartheid, Ahmed Kathrada, décédé fin mars à l'âge de 87 ans.

"Au lieu de chasser les criminels, nous avons des agences qui essaient de poursuivre d'honnêtes gens", a-t-il poursuivi dans un hommage à l'accent très politique au cours duquel les discours anti-Zuma se sont succédés.

M. Gordhan, réputé pour sa probité, a été la principale victime du vaste remaniement qui a entraîné la nomination de 10 ministres et autant de vice-ministres, considérés comme proches du chef de l'Etat, la semaine dernière.

Officiellement, ce limogeage s'appuyait sur un rapport des services de renseignements sud-africains selon lequel M. Gordhan complotait contre le gouvernement. Aucune preuve d'un tel complot n'a pour l'heure été apportée.

Ce remaniement a provoqué une profonde crise au sein du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, plusieurs cadres s'élevant contre l'éviction de Pravin Gordhan.

Un vote de défiance contre le président Zuma, réclamé par l'opposition, se tiendra le 18 avril devant le Parlement.

Malgré ses divisions internes, l'ANC a annoncé jeudi que ses députés voteraient "contre" la motion et qu'ils ne soutiendraient pas la tenue d'un vote à "bulletin secret".

Trois anciens ministres limogés ont d'ores et déjà annoncé leur démission de leur poste de député et ne participeront pas à ce vote.

Mais avec 249 parlementaires sur 400, la large majorité ANC devrait empêcher le succès de la motion de l'opposition.

Si ce remaniement a secoué la politique sud-africaine, il a également eu un impact majeur sur l'économie du pays.

L'agence Standard Poor's a dégradé la note sud-africaine à BB+, dans les catégories spéculatives et le rand a perdu plus de 7% face au dollar en une semaine.

Vendredi, plusieurs partis d'opposition et des mouvements issus de la société civile ont appelé à manifester dans la capitale Pretoria et à Johannesburg pour réclamer la démission de M. Zuma.

Avec AFP

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