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Un meilleur accés aux traitements pour morsure de serpent envisagé dans le nord du Nigéria


Chaque année, des dizaines de milliers de personnes succombent aux morsures de serpents, faute de traitements, affirme l'OMS

Chaque année, des dizaines de milliers de personnes succombent aux morsures de serpents, faute de traitements, affirme l'OMS

Dans certaines régions du nord du Nigeria, plusieurs centaines de personnes décèdent chaque année de morsures de serpents venimeux. C’est ce qui a poussé les autorités à lancer la construction d’un hôpital qui sera chargé exclusivement de traiter ces morsures.

Les victimes de morsures de serpents dans le nord du Nigeria sont en général les personnes qui ont le moins accès aux services de santé: notamment, les agriculteurs de subsistance dans les villages reculés. Un grand nombre de ces localités ne sont pas reliées par des routes, et pendant la saison des pluies, certaines sont complètement coupées du monde extérieur par des ravins remplis d'eau.
Les habitants des villages isolées sont ceux qui ont le plus de difficulté à faire soigner des morsures de serpent

Les habitants des villages isolées sont ceux qui ont le plus de difficulté à faire soigner des morsures de serpent


Or, c’est justement pendant la saison des pluies que les serpents sortent, affirme Rhoda Bassey, représentante du Rotary International pour le « Snake Heaven Project », un projet visant à améliorer les traitements disponibles en cas de morsure de serpent dans le nord du Nigeria.

« Pendant la saison sèche, les serpents se cachent. Mais une fois que les premières pluies arrivent, ils commencent à sortir et pendant la saison des pluies, la situation est affreuse » explique Mme Bassey.

Pendant la saison des pluies, soit huit mois de l’année, une quinzaine de victimes de morsures arrivent en moyenne chaque jour à l’hôpital de Gombe pour recevoir du sérum contre le venin, ajoute la responsable du Rotary International. Un grand nombre d’autres victimes des serpents meurent dans leurs villages, ou sur le chemin de la clinique.

Normalement, une seule dose d'anti-venin coûte environ 125 dollars, poursuit Mme Bassey. Et certaines personnes ont besoin de plus d'une dose pour survivre.

Mais l'hôpital de Gombé, qui ne dispose que de 20 lits, est dans l’incapacité d’accueillir tous les malades.

« Ils peuvent se faire traiter ailleurs, mais c'est la seule clinique qui offre des soins gratuits. Elle avait été ouverte par des missionnaires, et quand ils sont partis il y a 30 ans, ils l'ont remise au gouvernement et c'était une clinique de 20 lits » déclare Mme Bassey. Depuis, pas un seul lit a été ajouté, dit-elle.

Le Snake Heaven Project du Rotary International vise à élargir l’hôpital. Le gouvernement ayant acquis des terrains, on envisage la construction d’un bâtiment capable d’accueillir 122 victimes de morsures de serpents.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 94 000 personnes meurent chaque année à travers le monde des suites de morsures venimeuses. Il s’agit en majorité d’habitants de zones rurales en Afrique et en Asie. L’OMS rappelle que même si les victimes ne décèdent pas toujours, un grand nombre d’entre elles souffrent des séquelles de ces morsures. Leur état de santé physique et psychique s’en trouve fréquemment affecté, et de façon permanente.
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