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Un jeune Egyptien arrêté pour s'être moqué du gouvernement sur Facebook


Son arrestation et sa détention dans l'attente d'une éventuelle inculpation ont été confirmées à l'AFP par un haut responsable du parquet du Caire. 

Son arrestation et sa détention dans l'attente d'une éventuelle inculpation ont été confirmées à l'AFP par un haut responsable du parquet du Caire. 

Un jeune égyptien a été arrêté pour s'être moqué du gouvernement dans une vidéo satirique sur Facebook, au plus fort d'une violente campagne de répression visant toute voix critique en Egypte.

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme accusent le chef de l'Etat Abdel Fattah al-Sissi de diriger un régime ultra-autoritaire et répressif depuis qu'il a, alors qu'il était chef de l'armée, destitué le président islamiste démocratiquement élu Mohamed Morsi en 2013.

Ezzedine Khaled, 19 ans selon son profil Facebook, a été arrêté à son domicile du Caire samedi et placé pour quatre jours en détention provisoire notamment pour "incitation à participer à des manifestations et pour diffusion d'une vidéo insultant les institutions de l'Etat", a assuré à l'AFP son avocat Mahmoud Ottman.

Ezzedine Khaled est membre d'un groupe qui se fait appeler Street Children (Enfants des rues) sur son compte Facebook, lequel diffuse régulièrement des vidéos satiriques moquant les décisions du gouvernement et l'accusant d'"emprisonner la jeunesse". Dans la dernière, des jeunes dont Khaled tournent en dérision dans une chanson la dévaluation de la livre égyptienne et la rétrocession à l'Arabie saoudite de deux îles de la mer Rouge, deux sujets qui ont déclenché de vives protestations.

Des velléités de manifester contre la cession des deux îles ont récemment été étouffées dans l'oeuf, la police menant préventivement une intense campagne d'arrestations dans les milieux des défenseurs des droits de l'Homme, de la jeunesse laïque et libérale, des blogueurs, des avocats et des journalistes notamment.

Les organisations internationales de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty international et Human Rights Watch, accusent M. Sissi de diriger l'un des régimes les plus répressifs au monde.

Après avoir destitué et arrêté le 3 juillet 2013 Mohamed Morsi, le nouveau pouvoir de M. Sissi, élu chef de l'Etat en 2014 en l'absence de toute opposition crédible, a tué en quelques semaines plus de 1.400 manifestants pro-Morsi. Et depuis, plus de 40.000 personnes ont été emprisonnées, et des centaines --dont M. Morsi-- condamnées à la peine de mort dans des procès de masse expéditifs qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente".

Avec AFP

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