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Un important trafiquant d'ivoire condamné à 20 ans de prison au Kenya


"Charlie", chien renifleur nommé de Wildlife Service (KWS) Kenya a aidé à retrouver une cargaison de défenses d'éléphants emballés dans une caisse en bois dans le parc national de Nairobi, au Kenya, 30 septembre 2009.

"Charlie", chien renifleur nommé de Wildlife Service (KWS) Kenya a aidé à retrouver une cargaison de défenses d'éléphants emballés dans une caisse en bois dans le parc national de Nairobi, au Kenya, 30 septembre 2009.

Un important trafiquant d'ivoire a été condamné vendredi par la justice kényane à 20 ans de prison, un jugement à la valeur symbolique très forte dans un pays où les condamnations pour braconnage sont très rares, a-t-on appris de source judiciaire.

Feisal Mohamed Ali, citoyen kényan, "doit servir d'exemple", a déclaré la juge Diana Mochache en ordonnant une peine de 20 ans de prison assortie d'une amende de 20 millions de shillings (175.000 euros).

Feisal Mohamed Ali avait été arrêté en Tanzanie en décembre 2014 puis extradé vers le Kenya, où il était recherché depuis la découverte en juin 2014 de plus de deux tonnes d'ivoire - 228 défenses entières et 74 morceaux d'ivoire -, d'une valeur estimée à 4,2 millions de dollars, dans un entrepôt de Mombasa, principal port d'Afrique de l'Est sur la côte kényane (sud).

C'est à Mombasa que s'est d'ailleurs déroulé son procès.

L'accusation l'a présenté comme l'acteur principal d'un réseau de crime organisé s'étendant des parcs africains aux marchés asiatiques, principale destination pour l'ivoire de contrebande. Des enquêteurs estiment que M. Ali a fait l'objet de protections de hauts responsables en Afrique de l'Est.

M. Ali niait toutes ces accusations et l'un de ses avocats a annoncé son intention de faire appel.

"Nous sommes choqués par ce jugement (...) Nous ferons appel devant la haute cour. Nous avions anticipé une condamnation équilibrée mais pas 20 ans", a déclaré Me Gikandi Ngibuini à la presse à Mombasa, où s'est déroulé le procès.

Ce dossier était considéré par les défenseurs de l'environnement comme un test de la volonté réelle des autorités kényanes de s'attaquer au braconnage et aux juteux trafics d'ivoire et de corne de rhinocéros, qui déciment les populations de pachydermes du Kenya et d'Afrique.

Le président kényan Uhuru Kenyatta a récemment affiché sa détermination à lutter contre le braconnage des éléphants et le commerce illégal d'ivoire.

Fin avril, il a procédé à la destruction de la quasi-totalité du stock d'ivoire du pays, martelant que "personne n'a(vait) de commerce à faire avec l'ivoire".

Environ 30.000 éléphants sont abattus chaque année en Afrique pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l'espèce.

Le président kényan avait également appelé à une interdiction totale du commerce de l'ivoire afin d'empêcher l'extinction de cette espèce à l'état sauvage, dont la population est désormais estimée à entre 450.000 et 500.000 individus en Afrique.

Avec AFP

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