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Un groupe pro-israélien autorisé à poser des affiches offensantes pour les musulmans dans le métro de Washington


Un passager du métro passant devant l'une des affiches dénonçant les musulmans

Un passager du métro passant devant l'une des affiches dénonçant les musulmans

Un juge de la capitale américaine, Washington, a statué que le Métro de la ville doit permettre à un groupe pro-israélien de poser dans son réseau des affiches dénonçant les musulmans comme des sauvages

La société qui gère le métro de Washington, D.C., avait interdit l’apposition des affiches de l’association d’une certaine Pamela Geller, l’American Freedom Defense Initiatiative, insultantes pour les musulmans puis qu’elles les qualifiaient de sauvages, tout en appelant les Américains à lutter contre l’islamisation des Etats-Unis.

L’association a porté plainte, et la justice lui a donné raison, évoquant le droit à la liberté d’expression défendu par la Constitution américaine. On peut lire sur les affiches : « Dans n’importe quelle guerre entre l’homme civilisé et le sauvage, soutenez l’homme civilisé. Soutenez Israël, battez l’Islam ».

L’association a mené une campagne similaire à New York.

A Washington, le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) a noté qu’à une majorité écrasante, les Américains qui avaient vu les affiches avaient été effarés par la bigoterie et la haine qu’elles reflétaient – et par ceux qui avaient orchestré cette campagne.

A ceux qui font valoir que ce n’est vraiment pas le moment d’exacerber les tensions intercommunautaires, Mme Geller répond sèchement : « Ce n’est jamais le bon moment. Si ce n’est pas une annonce publicitaire, c’est un film. Si ce n’est pas un film, c’est un nounours. Si ce n’est pas un nounours, c’est un dessin humoristique danois ou suédois. Ou français. Quand alors est-ce le bon moment de parler librement et candidement du djihad » ? demande Mme Geller.

Bennetta Standly, directrice du bureau de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) ici à Washington, rappelle que la liberté d’expression ne saurait être réprimée sous la menace de violences. « Dans ce pays, la réponse à des discours offensants ou haineux est simplement d’exprimer un point de vue contraire. C’est ce qui se passe maintenant dans le métro de Washington. Les gens commencent à afficher des messages différents pour répondre aux messages haineux de Mme Geller », dit-elle.

Le CAIR a en effet décidé de placer ses propres affiches dans le métro, déclare son directeur, Nihad Awad. « Je pense que c’est ce que tout le monde veut voir. Ils veulent voir des messages qui privilégient l’amour, la compassion, la coexistence et la réconciliation. Pas les incitations à la haine qui visent à déchirer le tissu social du pays, et diviser les gens selon leurs confessions et leurs ethnies » explique M. Awad.
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