Liens d'accessibilité

Un gendarme inculpé en rapport avec les violences de septembre 2009 en Guinée


C'est sous le régime de Moussa Dadis Camara que les atrocités du 28 septembre 2009 étaient survenues

C'est sous le régime de Moussa Dadis Camara que les atrocités du 28 septembre 2009 étaient survenues

Un gendarme guinéen a été arrêté et inculpé pour viol commis en septembre 2009 dans un stade de Conakry où une centaine de femmes avaient été violées par des forces de sécurité. C'est ce qu'ont annoncé des organisations de défense des droits humains, qui se félicitent de la décision judiciaire.

Dans un communiqué, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH) ont annoncé l’arrestation et l’inculpation du gendarme, en rapport avec les sévices commis en 2009 dans un stade de Conakry contre une centaine de femmes. Des sévices commis par les forces de sécurité guinéennes.

Le gendarme a été inculpé et placé sous mandat de dépôt le 30 avril à Conakry et entendu mardi sur le fond par les juges, précise le communiqué.


Selon un rapport de la Commission internationale d'enquête de l'ONU, au moins 109 femmes ont été violées le 28 septembre 2009 au stade ou dans ses environs. A l’époque, le pays était dirigé par une junte militaire avec à sa tête le capitaine Moussa Dadis Camara.

Jusqu’ici, six militaires ont été inculpés pour des crimes autres que les viols, dont crimes contre l’humanité, mais les procès sont toujours attendus. Un comité national de juges a été nommé pour enquêter sur le massacre de 2009.

Thierno Maadjou Sow, président de l’OGDH, un défenseur des droits humains de longue date en Guinée, nous explique que la lenteur des procédures judiciaires jusqu’ici était due en partie à la peur des victimes qui doivent témoigner et se sentent menacées.

Autre problème : les magistrats étaient installés bien en vue dans une villa et la centaine de femmes et fillettes violées pendant cette période « étaient la plupart traumatisées. Elles ne pouvaient voir un béret rouge sans perdre la raison, on peut dire » fait valoir M. Maadjou Sow. Donc elles peinaient à venir témoigner, et les magistrats ne se sentaient pas en sécurité alors même qu’ils ne disposaient pas de moyens matériels.

Finalement toutes ces conditions se sont améliorées, a ajouté M. Maadjou Sow. « D’abord on a eu une assistance de l’Union européenne (UE) pour aider judiciairement les victimes. Ensuite la cour pénale internationale (CPI) a envoyé plusieurs missions à Conakry. Cela a été une pression assez importante sur les magistrats et sur le pouvoir ", poursuit-il. Finalement, les magistrats ont été délocalisés dans un lieu où ils se sentent en sécurité, et où les victimes peuvent se rendre sans problème. D’où cette première inculpation et l’espoir que d’autres suivront.

Par ailleurs, le président de l’OGDH, un défenseur des droits humains de longue date en Guinée, s’inquiète de la recrudescence de la violence politique en Guinée à l’approche des législatives. Les forces de sécurité ont affronté des partisans de l’opposition lors de plusieurs marches de protestation à Conakry ces derniers jours. Selon l’OGDH, il y aurait eu 9 morts depuis le 2 mai, dont deux membres des forces de sécurité, et des cas de perquisitions dans les domiciles privés. La société civile guinéenne fait part de sa préoccupation sachant que l’opposition a annoncé une autre marche demain, a dit M. Sow à la VOA.
XS
SM
MD
LG