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Un expert du virus à Ebola réagit au décès du Dr Martin Salia


Le Dr Martin Salia à son arrivée dans un hôpital d'Omaha dans le Nebraska, samedi 15 novembre 2014, deux jours avant son décès

Le Dr Martin Salia à son arrivée dans un hôpital d'Omaha dans le Nebraska, samedi 15 novembre 2014, deux jours avant son décès

La mort du docteur Salia montre qu'il est urgent d'accélérer les recherches pour mettre en place des tests de diagnostic fiables et rapides, disponibles partout, avertit le Dr Malonga Miatudila.

Un chirurgien qui avait contracté le virus à Ebola alors qu’il travaillait dans son pays d’origine, la Sierra Leone, est décédé lundi de la maladie. Le Dr Martin Salia avait été évacué samedi de Freetown, pour être soigné dans un hôpital américain, le Centre médical d’Omaha, dans le Nebraska.

Même avant son évacuation vers les Etats-Unis, son état s’était détérioré.

Lorsqu’il a commencé à souffrir de symptômes de la maladie, le Dr Salia s’est fait tester. Un test revenu négatif. Quatre jours plus tard, un autre test reviendrait positif, mais entre-temps, le chirurgien avait donné l’accolade à des collègues, aujourd’hui placés en quarantaine.

Le Dr Malonga Miatudila, qui dans les années 1976 avait aidé à identifier le virus à Ebola pour la première fois dans l’ex-Zaïre, n’a pas été surpris par le manque de fiabilité du premier test.

« C’est inhabituel mais ça peut arriver, parce que tous les tests dont nous disposons en médecine ont ce qu’on appelle ''la part de faux négatifs'' », a expliqué le Dr Miatudila dans une interview avec la Voix de l’Amérique (VOA). « Il y a des malades qui peuvent être infectés par un germe, mais le test n’arrive pas à détecter la présence de ce germe. Maintenant je ne connais pas le test qui a été utilisé », a-t-il poursuivi.

Le Dr Salia avait commencé à souffrir de symptômes de la fièvre hémorragique à virus Ebola le 6 novembre 2014, mais son test est revenu négatif. Continuant à souffrir de symptômes, il se serait demandé s’il avait une crise de paludisme. Mais le 10 novembre, un second test s’est avéré positif et son état de santé s’est rapidement détérioré.

C’est connu, affirme le Dr Miatudila. Le virus à Ebola « évolue très, très rapidement, en moins de sept jours ». Le virus « peut prendre de vitesse la réaction immunitaire du patient. Et à ce moment-là, le virus est là, mais le malade est un peu lent à fabriquer les anticorps, ou en tout cas à montrer des signes de réaction immunitaire. A ce moment-là, si le test est basé sur l’immunologie, le test va être négatif ».

Le Dr Salia travaillait à l’hôpital Kissy United Methodist Hospital à Freetown. Cet hôpital ne soigne pas les victimes du virus à Ebola. Ce qui montre, selon le Dr Miatudila, que partout, il faut faire très attention.

« Je dis que le virus Ebola ne va pas seulement provoquer des épidémies. Le virus Ebola malheureusement va devenir endémique. Ça veut dire qu’il faut s’attendre maintenant, sur cette planète Terre, à avoir de temps en temps des cas dans des endroits inattendus. Ça veut dire qu’il faut être préparé à commencer à réfléchir en termes d’Ebola, comme on réfléchit en Afrique en termes de malaria ou ici, en certaines saisons, en ( termes ) de la grippe. Donc l’Ebola est avec nous. Donc, nous devons apprendre à vivre, ou en tout cas être prêts à faire face à Ebola partout dans le monde », souligne le Dr Miatudila.

Il faut vraiment qu’on accélère les recherches pour mettre en place des tests de diagnostic fiables et rapides qui soient disponibles à tous les endroits, ajoute l’expert en santé publique. Il est également urgent de mettre au point des traitements efficaces. Donc, accélérer la recherche pour développer cet arsenal. « Parce que, comme j’ai dit, Ebola est devenu notre compagnon » conclue le Dr Miatudila.

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