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Un étudiant tué par la police en Sierra Leone


Un policier devant une barrière à Freetown, Sierre Leone, 27 mars 2017.

Les forces de l'ordre ont violemment dispersé une manifestation estudiantine contre la grève de professeurs en Sierra Leone; un étudiant a été tué, selon la police et Amnesty International.

Selon les sources, l'étudiant a été tué jeudi dans le sud du pays où une grève de professeurs est en cours depuis plusieurs mois, indiquent vendredi la police et Amnesty International.

Des enseignants de l'Université de Njala, près de la ville de Bo (sud), sont en grève depuis octobre, début de l'année scolaire et universitaire, pour réclamer le paiement de salaires et de pensions de retraite.

Des étudiants ont manifesté jeudi à Bo pour demander la reprise des cours, et des manifestations ont aussi été organisées à Freetown, ainsi qu'à Kenema (est) et Makeni (nord), en soutien avec leurs camarades de Njala, d'après plusieurs témoins.

Lors de la manifestation à Njala, "la police a fait usage de bombes lacrymogènes et d'armes à feu pour disperser les étudiants" dont certains avaient "commencé à vandaliser" des biens sur le campus de l'université et dans les environs, a affirmé vendredi à l'AFP un porte-parole de la police, Michael Kelly Dumbuya.

Un étudiant, Peter Tiffa, a été tué. Plusieurs blessés par balle ont ensuite reçu des soins dans un hôpital public de Bo, a-t-il indiqué.

"Les forces de sécurité ont tué une personne et en ont blessé grièvement au moins deux en ouvrant le feu sur des manifestants étudiants dans la ville de Bo jeudi", a également rapporté Amnesty International dans un communiqué reçu vendredi par l'AFP.

L'ONG a dénoncé un "bain de sang" et réclamé des autorités sierra0léonaises "une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les circonstances de cet homicide et de toutes les blessures occasionnées".

Selon le porte-parole de la police Michael Kelly Dumbuya, au total 35 manifestants ont été arrêtés en lien avec les manifestations, non seulement à Njala mais aussi à travers le pays. Un nombre indéterminé d'entre eux devaient être présentés à la justice vendredi.

Le gouvernement a appelé la population à s'abstenir de violences et de manifestations, avertissant qu'il leur sera "rapidement opposé la loi dans toute sa rigueur", dans un communiqué jeudi soir. Il a également annoncé des démarches avec l'administration de l'Université de Njala pour une solution à la crise.

Des "centaines" d'enseignants de l'Université de Njala n'ont pas reçu leurs salaires depuis 2015 ou leurs pensions de retraite depuis 2012, a affirmé à l'AFP leur porte-parole, Philip Foday. Il a accusé le gouvernement de n'avoir pas tenu ses promesses.

Avec AFP

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