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Un défenseur des droits de l'Homme arrêté à Djibouti

  • VOA Afrique

Le logo de la FIDH et OMCT.

Un fondateur de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), Omar Ali Ewado, a été arrêté dimanche par les autorités djiboutiennes pour une raison encore inconnue, a annoncé l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme (FIDH-OMCT).

M. Ewado a été interpelé dimanche en fin d'après-midi par des agents des services de renseignement, alors qu'il se rendait à une mosquée proche de son domicile, a indiqué dans un communiqué l'Observatoire, né d'un partenariat entre la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Les agents auraient menacé la famille de M. Ewado, pointant une arme à feu sur ses enfants, avant de l'emmener sans informer sa famille de son lieu de détention, selon ce communiqué.

Le lendemain, la famille de M. Ewado a appris qu'il était détenu dans les locaux des services de renseignement à Djibouti-ville. Celui-ci aurait entamé une grève de la faim pour dénoncer une arrestation à ses yeux arbitraire, selon la même source.

"La communauté des droits humains est harcelée depuis des années par les autorités djiboutiennes. Maintenant elles doivent clarifier les raisons de l'arrestation de M. Omar Ewado et plus largement mettre un terme à leur acharnement contre les défenseurs des droits humains à Djibouti", a déclaré Drissa Traoré, vice-président de la FIDH.

M. Ewado avait été condamné à trois mois de prison en janvier 2016 pour "diffamation publique", après avoir publié une liste de victimes du "massacre" du 21 décembre 2015. Il avait été relaxé en appel un mois plus tard.

L'intervention de la police lors d'une cérémonie traditionnelle organisée à Buldhoqo, près de Balbala, en périphérie de la capitale, avait le 21 décembre 2015 provoqué de violents affrontements, dont le bilan est contesté.

Le gouvernement avait parlé de sept personnes tuées, la FIDH estimant quant à elle que les violences avaient fait "au moins 27 morts".

"Nous condamnons les atteintes répétées à la liberté d'association et d'expression à Djibouti et appelons à la libération immédiate et inconditionnelle de M. Omar Ewado", a déclaré Gerald Staberock, secrétaire général de l'OMCT.

"Nous craignons également qu'il soit victime de torture et de mauvais traitements en détention, et appelons les autorités à assurer son intégrité physique et psychologique en toutes circonstances", a-t-il ajouté.

Petit pays hautement stratégique de la corne de l'Afrique, Djibouti est tenu d'une main de fer depuis 18 ans par le président Ismaël Omar Guelleh.

Ismaël Omar Guelleh a été réélu pour un quatrième mandat en avril 2016 avec plus de 86% des voix, lors d'un scrutin dénoncé comme une "mascarade électorale" par l'opposition.

Avec AFP

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