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Un bébé palestinien brûlé vif après l'incendie de sa maison par des extrémistes israéliens


Un enfant palestinien se repose dans Gaza City, 22 mai 2015.

Un enfant palestinien se repose dans Gaza City, 22 mai 2015.

Ses parents et son frère ont été grièvement blessés lorsque des extrémistes israéliens ont incendié leur maison en Cisjordanie occupée, faisant craindre un nouveau cycle de violences

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a aussitôt dénoncé un "acte de terrorisme en tout point", et ordonné les forces de sécurité "d'arrêter les meurtriers et de les traduire en justice". Des engagements qu'il a réitérés lors d'un rare appel téléphonique au président palestinien Mahmoud Abbas.

Néanmoins, l'Autorité palestinienne a dit tenir son gouvernement "entièrement responsable" de la mort d'Ali Dawabcheh, 18 mois, à cause de "l'impunité" qu'il accorde selon elle aux "colons" que les Palestiniens ont accusé de ce crime.

M. Abbas a dit qu'Israël devrait répondre de ce "crime de guerre" devant la Cour pénale internationale, tandis que des groupes menaçaient de "riposter" et que des milliers de manifestants réclamaient "vengeance" à Gaza et en Cisjordanie où au moins un Palestinien a été blessé par balle.

Vendredi à l'aube, des hommes masqués, présentés par les Palestiniens comme des colons, ont jeté des cocktails Molotov par les fenêtres, ouvertes en raison de la chaleur estivale, de deux maisons, dont celle des Dawabcheh, dans le village de Douma près de Naplouse dans le nord de la Cisjordanie, selon des sources palestiniennes et israéliennes. Ils ont ensuite pris la fuite dans une colonie voisine, selon la radio israélienne.

Le bébé a péri dans l'attaque, alors que sa mère Riham, 26 ans, son père Saad et son frère Ahmed, quatre ans, grièvement atteints se débattaient entre la vie et la mort dans un hôpital israélien, selon des médecins. Un quatrième blessé, une fillette selon certaines sources, était également hospitalisée.

- Netanyahu au chevet des blessés -

Fait exceptionnel, M. Netanyahu s'est rendu à leur chevet dans l'après-midi et le président israélien Reuven Rivlin a annoncé qu'il en ferait de même.

A Douma, il ne restait plus de la maison Dawabcheh que les murs en béton, tandis que l'intérieur n'était qu'un vaste tas de débris carbonisés. Ici ou là, restaient des photos de la famille, dont celles du bébé, rongées par les flammes, ainsi que quelques affaires dont un biberon.

A l'extérieur, des graffitis en hébreu barraient encore les murs: "Vengeance" et Le prix à payer", proclamaient-ils, deux jours après que les autorités israéliennes ont détruit deux maisons en construction dans une colonie plus au sud.

Des milliers de Palestiniens, dont le Premier ministre Rami Hamdallah, ont participé aux funérailles du bébé, "héros martyr", porté à bout de bras et enveloppé dans un drapeau palestinien.

Depuis des années, des activistes de l'extrême droite israélienne ou des colons se livrent, sous le label du "prix à payer", à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens et des Arabes israéliens, des lieux de culte musulmans et chrétiens, ou même des soldats israéliens.

La très grande majorité de ces agressions sont restées impunies.

Mais l'attaque de vendredi a suscité une émotion particulièrement vive avec des appels israéliens sur les réseaux sociaux à manifester samedi contre la violence.

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a même qualifié les assaillants de "terroristes juifs".

Néanmoins les condamnations israéliennes n'ont pas convaincu la direction palestinienne qui se réunira en début de soirée. "On ne peut dissocier cette attaque barbare" d'un "gouvernement qui représente une coalition pour la colonisation et l'apartheid", a dit Saëb Erakat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Selon la Paix Maintenant, une ONG israélienne anti-colonisation, ces "agressions de la part des colons sont devenues une véritable épidémie", notamment du fait de "l'indulgence dont fait preuve le gouvernement envers les violences antipalestiniennes et les discours de haine".

En mai, l'organisation israélienne Yesh Din estimait que 85,3% des plaintes de Palestiniens après des attaques de colons étaient classées sans suite et seules 7,4% des plaintes conduisent à des actes d'accusation et seulement un tiers des poursuites à une condamnation.

Le Hamas, bête noire d'Israël, a promis "une punition à la hauteur de ce crime" qui "fait des soldats de l'occupant et des colons des cibles légitimes partout".

L'envoyé spécial de l'ONU Nickolay Mladenov s'est dit "outré" par l'attaque, et la Jordanie a condamné un "crime odieux qui aurait pu être évité si le gouvernement israélien n'avait pas (...) tourné le dos à la paix", en allusion au processus de paix au point mort entre Israéliens et Palestiniens.

L'Union européenne a appelé "à la pleine responsabilité, l'application efficace de la loi et à la tolérance zéro pour les violences des colons", tandis que Paris s'est dit "indigné" par "cet acte ignoble".

Avec AFP

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