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UE : une centaine d'ONG rejettent une politique extérieure axée sur le contrôle migratoire


Photo d'archives: Au moins 146 migrants maliens, rapatriés de la Libye, sont installés dans le camp de Sokoniko, une caserne de la protection civile à Bamako, 26 mars 2016. (VOA Afrique/Kassim Traoré)

Photo d'archives: Au moins 146 migrants maliens, rapatriés de la Libye, sont installés dans le camp de Sokoniko, une caserne de la protection civile à Bamako, 26 mars 2016. (VOA Afrique/Kassim Traoré)

Une centaine d'ONG ont demandé lundi aux pays européens de ne pas accepter que la politique extérieure de l'UE ait désormais pour principal objectif d'inciter les pays tiers, notamment africains, à freiner l'afflux migratoire vers l'Europe.

Dans un appel signé notamment par Oxfam, Human Rights Watch et Amnesty International, elles expriment "leur grave inquiétude" concernant la volonté de la Commission européenne de nouer des "pactes" avec des pays africains, conditionnant l'aide de l'UE à des résultats en matière de migration.

Cette démarche risque d'installer "une politique extérieure servant un seul objectif, freiner la migration, aux dépens de la crédibilité européenne et de l'effet de levier dans la défense des valeurs fondamentales et des droits de l'homme", selon cet appel.

Il fait écho à la récente décision de Médecins sans Frontières de renoncer à tout financement de l'UE et de ses Etats membres pour dénoncer leur politique migratoire "honteuse".

La proposition de l'exécutif européen visée doit être discutée mardi par les dirigeants des 28 Etats européens, réunis à Bruxelles pour un sommet largement dominé par le Brexit.

Le plan de la Commission contient "un mix d'incitations positives et négatives" pour que les pays tiers s'associent à la politique migratoire européenne, a exposé le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, début juin.

La Commission propose de concentrer ces "nouveaux partenariats" sur un premier groupe de pays : l'Ethiopie, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Sénégal, mais aussi la Jordanie et le Liban.

Elle fait planer la menace de conséquences commerciales pour les pays n'acceptant pas assez de retours sur leur sol de migrants économiques renvoyés d'Europe. Les pays coopératifs pourraient en revanche avoir accès à des investissements massifs.

La Commission assure que son plan a pour objectif de traiter les "causes profondes" des migrations, en donnant aux Africains des perspectives d'avenir chez eux, via le financement de projets concrets.

Depuis que l'immense afflux de migrants venant de la Turquie s'est tari, la route maritime depuis l'Afrique est redevenue la principale porte d'entrée clandestine en Europe.

Plus de 3.000 migrants ont encore été secourus dimanche au large de la Libye, selon les gardes-côtes italiens. Ces arrivées ont porté à plus de 66.000 le nombre de migrants, des Africains pour la plupart, parvenus en Italie depuis le début de l'année, selon un décompte du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Avec AFP

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