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Turquie: quatre suspects écroués après l'attentat suicide d'Ankara


Un membre de la famille de Serdar Ben, 33 ans, une des nombreuses victimes de l’attentat d’Ankara le 15 octobre 2015.

Un membre de la famille de Serdar Ben, 33 ans, une des nombreuses victimes de l’attentat d’Ankara le 15 octobre 2015.

La justice turque a inculpé et écroué dimanche soir quatre personnes dans le cadre de l'enquête sur le double attentat suicide qui a fait 102 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara, a rapporté lundi l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

Ces quatre suspects, dont l'identité n'a pas été révélée, sont notamment poursuivis pour "fabrication d'engins explosifs dans l'intention de tuer" et "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel", a précisé Anatolie. Le procureur d'Ankara en charge du dossier a par ailleurs remis deux suspects en liberté et délivré un mandat d'arrêt contre neuf autres personnes soupçonnées d'avoir participé à cette attaque, la plus meurtrière jamais perpétrée sur le territoire de la Turquie.

Les autorités turques ont présenté le groupe jihadiste Etat islamique (EI) comme le "suspect numéro 1" de ce double attentat, qui a visé un rassemblement de l'opposition prokurde contre la reprise depuis juillet des hostilités entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Selon la presse turque, la police soupçonne deux jeunes Turcs originaires de la ville d'Adiyaman (sud), un fief islamiste, d'être les auteurs de l'attentat. Il s'agit d'Ömer Deniz Dündar et de Yunus Emre Alagöz. Ce dernier est le frère d'Abdurrahman Alagöz, présenté comme l'auteur d'une précédente attaque attribuée par Ankara à l'EI, qui avait fait 34 tués en juillet à Suruç, près de la frontière syrienne.

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a confirmé lundi que l'un des deux kamikazes présumés avait été formellement identifié, sans toutefois donner son nom pour éviter, a-t-il dit, de "plonger le peuple dans la panique". "L'un des terroristes a été identifié. Nous explorons également les liens entre les attaques de Suruç, d'Ankara et de Diyarbakir. Il y a des investigations dans cette direction", a déclaré M. Davutoglu lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision A Haber. Le 5 juin, une bombe avait explosé à Diyarbakir (sud-est) lors d'une réunion de campagne du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), à l'avant-veille des élections législatives, faisant 5 morts. Un homme, proche des milieux jihadistes, a été arrêté par la police en relation avec cet attentat.

"768 personnes ont été placées en garde à vue dans les opérations visant Daech" depuis l'attentat de Suruç, a aussi indiqué M. Davutoglu. "Que personne n'en doute: ceux qui sont derrière cette attaque seront identifiés", a-t-il insisté.

Dimanche, la police turque a encore opéré un vaste coup de filet contre les milieux jihadistes à Istanbul, interpellant une cinquantaine de ressortissants étrangers.

A la veille des élections législatives anticipées du 1er novembre, l'attentat d'Ankara a relancé la colère contre le président Recep Tayyip Erdogan, accusé par l'opposition prokurde d'avoir négligé la sécurité de la manifestation et de complaisance avec l'EI.

Avec AFP

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