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Turquie : "Jour de honte" pour la presse, titre le quotidien Zaman, mis sous tutelle


La police anti-émeutes turques utiliser des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants venus soutenir le journal Zaman.

La police anti-émeutes turques utiliser des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants venus soutenir le journal Zaman.

"La presse turque vient de vivre un des jours les plus noirs de son histoire", accuse le journal d'opposition turc imprimé avant l'assaut de la police, dénonçant "une prise de contrôle organisée par les autorités".

Le quotidien Zaman titrait samedi 5 mars sur un "jour de honte" pour la liberté de la presse en Turquie, au lendemain de la spectaculaire mise sous tutelle du journal d'opposition.

En début d'après-midi, la police est intervenue pour mettre fin au rassemblement à Istanbul de quelque 500 personnes devant le siège du journal, hostile au président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, investi dans la nuit par les forces de l'ordre, a constaté un photographe de l'AFP.

Les forces de l'ordre ont copieusement arrosé la foule de gaz lacrymogène, utilisant également des canons à eau et des tirs de balles en caoutchouc.

"Prise de contrôle organisée"

"On ne fera pas taire la presse libre", criaient les manifestants.

"La Constitution est suspendue", affichait samedi matin Zaman en une, en gros caractères blancs sur fond noir, après avoir réussi à imprimer une édition réduite avant l'assaut . "La presse turque vient de vivre un des jours les plus noirs de son histoire", accuse le journal, dénonçant "une prise de contrôle organisée par les autorités".

Peu avant minuit, la police avait investi le bâtiment, dispersant des centaines de personnes qui s'étaient rassemblées devant les locaux.

Samedi matin, un important dispositif policier entourait les lieux, contrôlant soigneusement l'identité des employés qui se rendaient à leurs postes de travail. Des administrateurs désignés par les autorités ont déjà pris leur fonction sur place.

Inquiétude de l'UE et des Etats-Unis

Cette affaire, qui a suscité l'inquiétude de l'Union européenne et des Etats-Unis, survient à deux jours d'un sommet lundi entre l'UE et la Turquie sur la crise des migrants, au cours duquel Ankara espère une accélération de sa procédure d'adhésion à l'Europe en échange d'efforts pour enrayer le flot des candidats à l'exil qui quittent clandestinement ses côtes.

Le commissaire européen à l'élargissement, Johannes Hahn, s'est déclaré "extrêmement préoccupé par les derniers développements autour du journal Zaman, qui mettent en danger les progrès de la Turquie dans d'autres domaines".

"Nous allons suivre de près ce qui va se passer. La Turquie, candidate à l'adhésion, doit respecter la liberté de la presse. Les droits fondamentaux ne sont pas négociables", a-t-il souligné.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a promis d'évoquer le sujet, "un nouveau coup porté à la liberté de la presse en Turquie", lors de sa rencontre lundi avec le Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Avec AFP

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