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Turquie : Attentat-suicide meurtrier dans un site historique d'Istanbul


Les secours arrivent sur la scène de l'explosion, le 12 janvier 2016 à Istanbul. (REUTERS/Kemal Aslan)

Les secours arrivent sur la scène de l'explosion, le 12 janvier 2016 à Istanbul. (REUTERS/Kemal Aslan)

L'explosion a eu lieu dans la matinée, mardi, près de la Mosquée bleue, prisée par les touristes. Au moins 10 personnes sont mortes, selon les autorités. Le kamikaze était un Syrien.

Au moins 10 personnes ont été tuées et 15 blessées dans la matinée de mardi 12 janvier, à Istanbul, dans une puissante explosion, due à "un attentat-suicide commis par une personne d'origine syrienne", selon le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La déflagration a secoué le quartier très touristique de Sultanahmet, près de la Mosquée bleue.

"La plupart" des 10 personnes tuées sont des citoyens étrangers, a annoncé le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus.

Les autorités ont par ailleurs identifié l'auteur de cette attaque comme un ressortissant syrien né en 1988, a précisé M. Kurtulmus lors d'une courte déclaration devant la presse à l'issue d'une réunion de sécurité autour du Premier ministre Ahmet Davutoglu

Cette explosion intervient alors que la Turquie est en état d'alerte maximum depuis l'attentat le plus meurtrier survenu sur son sol, qui a fait 103 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara. Cette attaque a été attribuée par le gouvernement islamo-conservateur au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Corps démembrés

La déflagration, très puissante, s'est produite à 10 h 18 locales (8 h 18 GMT) sur l'ancien hippodrome qui borde la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, les deux monuments les plus visités de la plus grande ville du pays.

Les premières photos prises sur place montrent plusieurs corps démembrés couchés sur le sol pavé de cette grande esplanade.

Les secours et la police sont immédiatement arrivés en nombre sur les lieux et ont bouclé le périmètre, a constaté une journaliste de l'AFP.

"J'ai entendu une très forte explosion, et puis de nombreux cris. Et puis j'ai vu une boule de feu et je me suis enfui", a raconté à l'AFP un témoin sur place.

"J'ai vu au moins dix personnes blessées, l'un d'entre eux était aidé par des touristes. Je suis sûr à 100 % qu'il ne s'agissait pas d'une bombe mais d'un attentat-suicide", a raconté ce Turc qui n'a pas voulu préciser son nom.

"L'explosion a été si forte que le sol a tremblé, a confirmé une touriste, Caroline. Je me suis enfuie avec ma fille. Nous nous sommes réfugiées dans un bâtiment proche, a-t-elle poursuivi, c'est vraiment effrayant."

La détonation entendue jusqu'à la place Taksim

La détonation a été entendue et ressentie jusqu'à la place Taksim, à plusieurs kilomètres de distance de Sultanahmet, a confirmé à l'AFP un témoin qui se trouvait sur place.

La Turquie vit en état d'alerte depuis le double attentat-suicide qui a fait 103 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara.

En janvier 2015, une kamikaze s'était fait exploser devant un poste de police sur le même site de Sultanahmet, blessant deux policiers. L'attaque avait été attribuée à une organisation d'extrême-gauche, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a commis plusieurs attentats ces dernières années.

Le 23 décembre, l'aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive asiatique de la plus grande ville de Turquie, a également été la cible d'une attaque au mortier qui a fait 1 mort et 1 blessé.

Une organisation armée kurde, le groupe des Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) avait revendiqué l'opération en riposte aux "attaques fascistes qui réduisent en ruines les villes kurdes".

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris depuis l'été entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40 000 morts depuis 1984.

Avec AFP

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