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Arrestations de 13 suspects après l'attentat d'Istanbul


Des membres de la famille d'une victime se recueillent et prient, à Istanbul, le 29 juin 2016.

Des membres de la famille d'une victime se recueillent et prient, à Istanbul, le 29 juin 2016.

La police turque a arrêté 13 suspects, dont trois étrangers, au surlendemain des attentats suicide à l'aéroport d'Istanbul qui ont fait 42 morts et dont le déroulement commençait jeudi à se préciser.

Le bilan est passé à 42 morts avec le décès de l'un des 269 blessés après le carnage provoqué mardi soir à l'aéroport Atatük par trois kamikazes, très probablement liés selon Ankara au groupe Etat islamique (EI), qui ont arrosé l'aérogare de balles avant de se faire sauter l'un après l'autre.

La police turque a procédé jeudi à 13 arrestations dont celles de trois étrangers, après des raids simultanés dans 16 adresses d'Istanbul, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu, sans préciser la nationalité des étrangers.

Le déroulement du raid macabre dans le terminal des vols internationaux d'Atatürk, un grand aéroport très moderne, le troisième d'Europe, commençait à se clarifier.

Le Premier ministre Binali Yildirim a expliqué tard mercredi que "les terroristes, après avoir d'abord voulu passer les (premiers) contrôles de sécurité" juste à l'entrée de l'aérogare, se sont ravisés et "sont revenus avec des fusils-mitrailleurs qu'ils ont sortis de leurs valises avant de passer les contrôles en tirant sans discrimination sur les gens".

"L'un d'entre eux s'est fait exploser à l'extérieur" et "les deux autres ont profité de la panique, sont entrés dans l'aéroport et se sont fait exploser", a-t-il dit.

Un haut responsable turc proche de la présidence ayant requis l'anonymat a livré un récit différent à l'AFP. Il a expliqué qu'une première explosion avait eu lieu lorsque l'un des kamikazes était entré dans le hall des arrivées et s'est fait sauter juste avant les machines à rayons X.

Profitant de la panique provoquée par la déflagration parmi les passagers et le personnel de l'aérogare, un deuxième kamikaze est entré dans le hall des arrivées, est monté à celui des départs, et s'est fait sauter lui aussi.

Enfin le troisième kamikaze a attendu à l'extérieur de l'aéroport et s'est fait exploser en dernier.

Jeudi matin, les autorités turques -- qui peuvent après les attentats kurdes fournir à une vitesse stupéfiante les identités de kamikazes - n'avaient toujours pas donné d'indication sur l'identité des kamikazes.

Mais le quotidien Hürriyet rapportait que l'un deux était un combattant tchéchène nommé Osman Vadinov, qui serait venu en Turquie depuis Raqa, fief de l'EI en Syrie.

Le triple attentat-suicide n'avait toujours pas été revendiqué jeudi. L'EI n'a jusqu'ici jamais revendiqué les attaques qu'Ankara lui a attribuées sur le sol turc.

"Quelqu'un va-t-il démissionner ?"

Le Premier ministre Binali Yildirim avait estimé que "les indices point(ai)ent vers Daech", acronyme arabe de l'EI, face à laquelle la Turquie, initialement accusée de mansuétude, a dû adopter une approche plus musclée.

Le chef des services de renseignement américains (CIA), John Brennan a indiqué mercredi que l'attentat portait "la marque de la dépravation de l'EI" et s'est dit "très inquiet de voir que la machine terroriste générée par l'EI a beaucoup d'élan aujourd'hui encore".

Ce nouvel attentat à Istanbul, le 4e et le plus meurtrier en un an dans la première ville du pays, a choqué la Turquie et a été condamné par de nombreuses capitales.

Le Premier ministre a précisé en fin de journée que la "présence de personnel entraîné" serait "accrue" dans les aéroports du pays. Les forces turques ont abattu samedi à la frontière syrienne deux membres présumés de l'EI, dont l'un planifiait un attentat-suicide en Turquie, a rapporté Anadolu.

Le journal d'opposition Cumhuriyet prenait à parti jeudi le gouvernement en demandant "Quelqu'un va-t-il démissionner ?" et en rappelant qu'après les attentats à l'aéroport et dans le métro de Brurelles en mars des ministres avaient présenté leur démission.

Mehmet Yilmaz, éditorialiste du quotidien Hurriyet, demandait : "S'il n'y a pas eu de défaillance de sécurité (comme l'a affirmé le Premier ministre) pourquoi y a-t-il eu des morts ?"

Le mode opératoire de l'attentat d'Atatürk rappelle les attentats jihadistes ayant ensanglanté Paris en novembre 2015 (130 morts) et Bruxelles (32 morts).

Des photos et vidéos choc diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une énorme boule de feu à l'entrée du terminal des vols internationaux et des passagers gisant dans le hall.

Sur l'une des vidéos choc, l'un des kamikazes apparaît au sol, blessé par un tir de policier, se tordant avant de déclencher sa ceinture d'explosifs.

Istanbul et Ankara ont été secouées depuis l'an dernier par une série d'attentats qui ont fait 260 morts et créé un climat de forte insécurité.

Ils ont visé les forces de sécurité turques ou des lieux emblématiques, provoquant une chute brutale du tourisme, et ont été attribués soit à l'EI soit aux rebelles kurdes, notamment aux TAK, une émanation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Avec AFP

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