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Le couvre-feu allégé en Tunisie


Un homme place un bouquet de fleurs devant une fourgonnette de la police près du lieu de l'attaque contre un bus de la garde de la sécurité présidentielle à Tunis, 25 novembre 2015.

Un homme place un bouquet de fleurs devant une fourgonnette de la police près du lieu de l'attaque contre un bus de la garde de la sécurité présidentielle à Tunis, 25 novembre 2015.

L’annonce de l’allègement du couvre-feu a été suivie un peu plus tard par celle de la révocation du secrétaire d'Etat tunisien en charge des affaires sécuritaires, Rafik Chelly, par le Premier ministre.

Le gouvernement tunisien a décidé d'alléger le couvre-feu instauré dans le Grand Tunis après l'attentat suicide contre la sécurité présidentielle le 24 novembre, en réduisant sa durée de huit à cinq heures.

Ce couvre-feu valable pour l'ensemble de l'agglomération de Tunis, qui compte plus d'un million d'habitants, est désormais en vigueur à partir de minuit, et non plus de 21h00, jusqu'à 05h00.

Les autres mesures --dont l'état d'urgence valable sur l'ensemble du territoire-- instaurées après l'attaque sanglante en plein Tunis sont inchangées, selon la présidence du gouvernement.

La décision d'alléger le couvre-feu a été prise "après un entretien" du Premier ministre Habib Essid avec le chef de l'Etat, Béji Caïd Essesbi, a indiqué le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui.

Appliqué "strictement" par les autorités, le couvre-feu instauré dès 21H00 suscitait l'inquiétude des propriétaires de café, restaurants et patrons de bars, d'ordinaire bondés jusqu'en fin de soirée.

A Tunis, le dernier couvre-feu remontait à 2012.

Outre la restauration de l'état d'urgence, les autorités tunisiennes avaient décidé de fermer pour au moins 15 jours la frontière avec la Libye, en proie au chaos.

Elles ont par ailleurs mené des centaines de perquisitions et opéré des dizaines d'arrestations de personnes soupçonnées de liens avec des "organisations terroristes".

Dans le cadre de l'enquête, un avis de recherche a aussi été lancé contre trois hommes, dont deux jumeaux de 24 ans, habitant le même quartier que l'auteur de l'attentat.

Dans son communiqué, le ministère de l'Intérieur a précisé qu'"une importante récompense financière" serait remise à "toute personne fournissant des informations menant à leur arrestation".

L'attentat suicide a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), déjà responsable des attaques au musée du Bardo en mars (22 morts) et dans un hôtel de Sousse en juin (38 morts).

La Tunisie fait face depuis sa révolution en 2011 à un essor de la mouvance jihadiste, qui a tué plusieurs dizaines de policiers et de militaires ainsi que des civils, dont des touristes.

Le secrétaire d'Etat à la sécurité "relevé de ses fonctions"

Un peu plus tard dans la journée, le secrétaire d'Etat tunisien en charge des affaires sécuritaires, Rafik Chelly, a été "relevé de ses fonctions" mardi par le Premier ministre Habib Essid, a annoncé la présidence du gouvernement.

M. Chelly, qui exerçait auprès du ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli, sera "invité à assumer d'autres fonctions", a-t-elle ajouté dans un bref communiqué. Aucun motif précis n'est mentionné.

Sollicité par l'AFP, le porte-parole de la présidence du gouvernement n'a pu être joint pour le moment.

Cette décision intervient une semaine après l'attaque suicide perpétrée à Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle, qui a tué 12 agents. Cet attentat a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), au même titre que les attaques contre le musée du Bardo en mars (22 morts) et un hôtel de Sousse en juin (38 morts).

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