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Des manifestants condamnés à 14 ans de prison en Tunisie


Un officier de police tunisien surveille le quartier, près de la frontière avec la Libye, le 9 mars 2016.

Onze personnes ont été condamnées à 14 ans de prison en Tunisie pour avoir participé à des manifestations après l'assassinat d'un opposant en 2013, au cours desquelles un poste de police avait été incendié.

Les faits se sont produits le 7 février 2013 à Kélibia, dans le nord de la Tunisie, et les accusés ont aujourd'hui de 21 à 28 ans.

Ils ont notamment été reconnus coupables d'"avoir volontairement mis le feu à un lieu non habité", d'"avoir participé à une rébellion avec des armes" et d'"agression avec violence sur un fonctionnaire", a déclaré à l'AFP Rihab Mhadhbi, la porte-parole du tribunal de première instance de Nabeul.

Chacun d'entre eux a été condamné à 14 ans de prison, a-t-elle précisé.

Le jugement a été rendu en octobre mais n'a été connu que cette semaine.

Des peines "très dures", a déploré Nabil Mtaallah, le chef de la section locale de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), qui suit le dossier depuis 2013.

Les 11 accusés ont nié les charges et vont faire appel, a indiqué à l'AFP l'un de leurs avocats, Anis Zine.

M. Mtaallah a assuré que certains d'entre eux avaient seulement été photographiés devant le poste, l'un une pierre à la main, un autre en possession d'"une casquette de policier", ce qui lui a valu d'être aussi condamné pour vol.

L'assassinat le 6 février 2013 de Chokri Belaïd, avocat et militant de tendance marxiste et panarabiste de 48 ans, farouche critique des islamistes d'Ennahdha alors aux commandes, avait provoqué une onde de choc en Tunisie, où des manifestations massives avaient eu lieu à travers le pays.

L'opposant avait été tué devant chez lui à Tunis. Son assassinat, ainsi que celui du député nationaliste de gauche Mohamed Brahmi en juillet 2013, ont été revendiqués par des jihadistes ralliés au groupe Etat islamique (EI) en décembre 2014.

Avec AFP

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