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Tuerie en Californie : des tueurs "en mission" et armés jusqu'aux dents


Jarrod Burguan, chef de la police de San Bernardino, au centre, tient une conférence de presse, Californie, 2 décembre 2015.

Jarrod Burguan, chef de la police de San Bernardino, au centre, tient une conférence de presse, Californie, 2 décembre 2015.

Le couple qui a tué 14 personnes en Californie était "en mission" et disposait d'un arsenal colossal. La piste terroriste reste possible même si la motivation du carnage demeure mystérieuse.

Si un représentant du FBI affirme qu'il serait "irresponsable" à ce stade de parler de terrorisme, le président américain Barack Obama a réuni son équipe de sécurité nationale jeudi, au lendemain de la pire tuerie aux Etats-Unis depuis trois ans.

"Il est possible que ce soit lié au terrorisme mais nous ne savons pas. Il est aussi possible que ce soit lié au lieu de travail", a commenté le président américain.

Plus de 6.500 cartouches de fusils d'assaut et d'armes de poing ont été retrouvées par la police dans la maison, la voiture et sur le couple de suspects, Syed Farook et Tashfeen Malik, ainsi qu'une douzaine d'engins explosifs artisanaux.

Trois autres engins explosifs reliés entre eux et actionnables à distance ont été retrouvés dans le bâtiment visé par les tueurs. Ils n'ont finalement pas explosé, a précisé Jarrod Burguan, chef de la police de San Bernardino, ville de 200.000 habitants à l'est de Los Angeles où a eu lieu la fusillade mercredi.

Les deux pistolets et deux fusils d'assaut avaient été achetés légalement, les premiers par Farook, mais pas les fusils d'assaut.

Le couple marié, parent d'un bébé de six mois, avait loué il y a quelques jours le 4x4 noir dans lequel il a tenté d'échapper aux autorités avant d'être tué par la police lors d'un échange de centaines de tirs, à l'issue d'une course-poursuite qui a donné à San Bernardino et ses environs des airs de zone de guerre.

Le flou persiste toutefois sur ce qui a poussé les deux tueurs, âgés respectivement de 28 ans pour Farook et 27 pour son épouse, à se rendre dans un centre de soins pour handicapés en attirail de commando, et à abattre 14 personnes, en blessant 21 autres.

Syed Farook s'était rendu dans le centre pour assister à un déjeuner de fêtes de fin d'année des services de santé locaux, dont il était employé.

La police fait état de certains témoignages de rescapés affirmant qu'il aurait soudainement quitté le déjeuner, en colère, avant de revenir armé jusqu'aux dents accompagné de son épouse, et d'y commettre un carnage.

- Radicalisation religieuse? -

"D'autres disent qu'il a soudainement disparu", avant de revenir en tenue de combat: "nous n'avons toujours pas la motivation" de la tuerie, a insisté Jarrod Burguan.

Les autorités constatent toutefois que le massacre semblait avoir été préparé à l'avance.

"Il semble qu'ils menaient une mission", même si son objectif reste à déterminer, a souligné David Bowdich, un responsable du FBI.

Le couple, décrit par des collègues cités dans la presse américaine comme "vivant le rêve américain", "était clairement préparé, personne ne s'énerve à une fête (de bureau pour revenir) avec quelque chose d'aussi élaboré".

"Je ne crois pas qu'ils ont enfilé leur équipement paramilitaire et attrapé leurs armes sur un coup de tête", a aussi remarqué Jarrod Burguan.

Ils avaient notamment confié leur bébé à un proche mercredi.

Les enquêteurs concentraient donc leurs efforts jeudi sur les personnalités du couple, marié.

Syed Farook, de nationalité américaine, était un fervent musulman, selon son père, la famille étant originaire du Pakistan.

La femme, musulmane également, était née au Pakistan et aurait vécu en Arabie saoudite, où elle aurait été présentée à Farook, selon les médias américains. Elle est entrée aux Etats-Unis avec un passeport pakistanais, a indiqué la police.

Certains médias américains, citant des sources anonymes proches de l'enquête, affirmaient que Syed Farook s'était radicalisé récemment, ce que ne confirment pas les autorités.

"La famille semblait pratiquer une religion modérée (...) sans montrer de signes de fanatisme", a déclaré à la radio publique NPR Hussam Ayloush, un responsable du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) de Los Angeles.

"Il ne m'a jamais semblé fanatique ou suspect", a affirmé au Los Angeles Times Griselda Reisinger, qui a travaillé avec Syed Farook jusqu'à ce qu'elle change d'employeur en mai.

Face à la possibilité d'une double motivation, islamiste mêlée à un contentieux de travail, les analystes en défense rappelaient le cas en France de Yassin Salhi, qui a décapité son patron puis, brandissant des drapeaux islamistes, a tenté de faire exploser l'usine Air Products en Isère cet été.

Avec AFP

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