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Tsipras appelle les Grecs à "en finir avec l'humiliation"


Alexis Tsipras, leader du parti d'opposition Syriza en Grèce (Reuters)

Alexis Tsipras, leader du parti d'opposition Syriza en Grèce (Reuters)

A trois jours des législatives anticipées de dimanche, Syriza est donné en tête des intentions de vote.

ATHENES (Reuters) - Alexis Tsipras, chef de file du parti de la gauche radicale grecque Syriza, a affirmé jeudi soir à ses milliers de partisans réunis en meeting à Athènes que la fin de "l'humiliation nationale" était à portée de vote.

A trois jours des législatives anticipées de dimanche, Syriza est donné en tête des intentions de vote et continue de creuser l'écart sur le parti Nouvelle démocratie du Premier ministre sortant Antonis Samaras.

Quatre sondages publiés jeudi placent Syriza vainqueur avec 4,8 à 6,2 points d'avance sur la formation conservatrice à la veille de la clôture de la campagne électorale.

L'institut Metron le crédite même de 36% des intentions de voix, un score qui pourrait lui permettre de décrocher seul la majorité absolue à la Vouli, le parlement grec où siègent 300 députés. L'avance de Syriza sur le parti Nouvelle démocratie passe de 4,6 à 5,3 points dans cette enquête.

Un quatrième sondage de l'institut March pour Alpha TV montre que Syriza accroît son avance de 3,2 à 6,2 points par rapport à une précédente enquête d'opinion.

"Lundi, nous en aurons fini avec l'humiliation nationale. Nous en aurons fini avec les ordres venus de l'étranger", a lancé Tsipras aux milliers de partisans de Syriza venus l'écouter dans le centre d'Athènes en point d'orgue de sa campagne.

"Nous demandons une première chance pour Syriza, ce sera peut-être la dernière pour la Grèce", a-t-il ajouté.

"CHANGER LA GRÈCE, CHANGER L'EUROPE"

Le parti de Tsipras entend rompre avec les politiques d'austérité mises en oeuvre depuis la crise de 2009 et renégocier la dette publique de la Grèce avec ses partenaires internationaux de l'Union européenne et du FMI.

Son message séduit une large partie de l'électorat grec épuisé par les coupes effectuées dans les dépenses publiques et les programmes sociaux en contrepartie des 240 milliards d'euros d'aide accordés dans le cadre du programme d'assistance financière. L'austérité a eu pour effet de réduire les salaires et les pensions de retraite et d'accroître le chômage, qui touche aujourd'hui plus de 25% de la population active.

"Je vais voter Tsipras parce que même mes parents, après 40 ans de travail, n'ont pas assez d'argent pour payer leur chauffage. Il est notre seul espoir, notre seule façon de nous en sortir", dit Maria Labridou, une enseignante de 55 ans croisée dans la foule.

Alexis Tsipras a été rejoint à la tribune par Pablo Iglesias, le chef de file du parti de gauche espagnole Podemos qui visera lui aussi la victoire aux élections attendues l'automne prochain en Espagne.

"Le vent d'un changement démocratique s'est levé, d'un changement en Europe, d'un changement en Grèce. Il s'appelle Syriza en Grèce, il s'appelle Podemos en Espagne", a dit le dirigeant du parti espagnol né du Mouvement des Indignés.

"Changer la Grèce, changer l'Europe", pouvait-on lire sur les drapeaux brandis par les participants du meeting tandis que des haut-parleurs ont diffusé un classique du chanteur canadien Leonard Cohen, "First we take Manhattan, then we take Berlin".

BATAILLE AUTOUR DE L'ANNONCE DE LA BCE

Dans le contexte de la campagne électorale, Antonis Samaras tout comme Syriza se sont efforcés de tourner à leur avantage la décision historique de la Banque centrale européenne (BCE), qui a annoncé jeudi après-midi qu'elle allait racheter de la dette souveraine.

Samaras, le premier à réagir, a prévenu que la Grèce ne pourrait pas bénéficier de ce programme de rachat de dette si elle ne trouve pas un terrain d'entente avec ses créanciers sur le plan d'aide actuel.

"La décision prise aujourd'hui par la Banque centrale européenne rend évident le fait que si nous n'achevons pas avec nos créanciers l'examen du programme actuel, qui prend fin dans un mois, nous serons exclus", a dit le Premier ministre grec au cours d'une intervention télévisée.

Syriza a aussitôt riposté en estimant que le programme de la BCE apportait un "démenti à tous ceux qui ont semé la peur et la panique". "C'est une décision importante dont le prochain gouvernement grec tirera avantage pour le bénéfice du pays", a assuré le parti dans un communiqué.

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