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Trump sur la paix entre Israël et les Palestiniens: "Nous y arriverons"


Le président américain Donald Trump, à droite et son homologue palestinien Mahmoud Abbas, à gauche, dans une combinaison de photos, 10 mars 2017.

Le président américain Donald Trump s'est déclaré mercredi convaincu de la possibilité d'aboutir à un accord de paix entre Israël et les Palestiniens, en recevant pour la première fois à la Maison Blanche son homologue palestinien Mahmoud Abbas.

"Nous voulons créer la paix entre Israël et les Palestiniens, nous y arriverons", a lancé M. Trump à l'issue d'une rencontre dans le Bureau ovale.

Le président des Etats-Unis Donald Trump a accueilli mercredi son homologue palestinien Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, pour une première rencontre visant à préparer une possible relance des négociations de paix.

Deux mois et demi après la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, M. Abbas a été reçu en personne à sa descente de voiture par M. Trump avec lequel il devait s'entretenir dans le Bureau ovale avant une déclaration commune.

M. Abbas, qui a rencontré à Ramallah plusieurs responsables américains, dont Mike Pompeo, le chef de la CIA, et Jason Greenblatt, représentant spécial du président républicain, a récemment jugé que la nouvelle administration américaine était "sérieuse" dans sa volonté de trouver une "solution à la question palestinienne".

Une déclaration commune des deux hommes - mais pas de conférence de presse - est prévue en milieu de journée.

"Le simple fait que cette rencontre ait lieu est l'un des nombreux signaux qui démontrent que l'approche de Trump face au conflit israélo-palestinien est plus conventionnelle que ce à quoi tout le monde s'attendait", souligne Ilan Goldenberg, expert du Center for a New American Security.

Comme sur nombre de grands dossiers diplomatiques, le magnat de l'immobilier a, de fait, considérablement évolué par rapport à ses promesses de campagne.

S'il a pris ses distances avec la solution à deux Etats, référence de la communauté internationale depuis des décennies, il a aussi appelé, devant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la "retenue" sur l'expansion des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés.

Le magnat de l'immobilier a également, pour l'heure, mis en sourdine sa promesse de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y installer l'ambassade américaine, une décision qui aurait provoqué à coup sûr la colère des Palestiniens.

Mardi, pourtant, le vice-président Mike Pence a laissé entendre que cette hypothèse pourrait revenir sur le devant de la scène. "Au moment où nous parlons, (le président) se penche avec attention sur un déplacement de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem", a-t-il lancé, sans autres précisions, à l'occasion d'une cérémonie pour marquer la journée de l'Indépendance.

Depuis le Qatar, où il vit, le chef du Hamas palestinien, Khaled Mechaal, a estimé que Donald Trump avait "une occasion historique" de "mettre la pression sur Israël (...) pour trouver une solution équitable pour le peuple palestinien".

- 'Persévérance et patience' -

"Ma demande à l'administration Trump est de rompre avec les approches erronées du passé (...) et peut-être de saisir l'opportunité que représente le document du Hamas", a-t-il déclaré sur CNN, en référence à la nouvelle plateforme présentée lundi par son mouvement visant à atténuer le ton belliqueux de son texte fondateur.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a déjà estimé que ce texte ne changeait rien, estimant que le Hamas essayait "de duper tout le monde".

Nombre d'analystes mettent en garde contre la tentation d'attentes démesurées autour de ce premier face-à-face dans le Bureau ovale entre Donald Trump et Mahmoud Abbas, dont la position dans les Territoires palestiniens est délicate, Gaza étant tenue depuis 10 ans sans partage par le Hamas islamiste.

Pour Ilan Goldenberg, l'administration Trump "devrait se concentrer sur des petits pas visant à améliorer la situation sur le terrain, préserver la possibilité d'une solution à deux Etats pour plus tard et préparer le terrain pour des négociations à l'avenir".

"Il n'y a aucune raison qu'il n'y ait pas de paix entre Israël et les Palestiniens, pas la moindre raison", affirmait la semaine dernière à l'agence Reuters Donald Trump, dont la stratégie sur ce dossier reste entourée d'un épais mystère.

Pourtant, la tâche reste herculéenne, tant les positions sont éloignées et le degré de défiance élevé.

Et le 45e président des Etats-Unis sait que ses prédécesseurs ont échoué, Barack Obama en tête, qui promettait à l'aube de sa présidence d'oeuvrer "avec pugnacité" à une paix durable entre Israël et les Palestiniens.

"Contrairement à une transaction immobilière, (Donald Trump) ne pourra simplement se retirer quand les choses tourneront mal, or cela arrivera", souligne Aaron David Miller, spécialiste du Proche-Orient au sein du Wilson Center, dans une tribune publiée sur CNN.com.

"Trump devra faire preuve de persévérance et de patience. Et même s'il le fait, il n'y a pas l'ombre d'un élément permettant d'affirmer que Abbas ou Netanyahu soient prêts à prendre des décisions fortes sur les sujets centraux".

Avec AFP

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