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USA : Trump lève le voile sur sa politique étrangère


Donald Trump, candidat du parti républicain. (AP Photo/Alex Brandon)

Donald Trump, candidat du parti républicain. (AP Photo/Alex Brandon)

Le favori des primaires républicaines aux Etats-Unis a présenté ses conseillers diplomatiques et la politique étrangère isolationniste qu'il conduirait s'il était élu président, après des semaines d'atermoiements et d'outrances sur le sujet.

Jusqu'à cet entretien fleuve accordé lundi au Washington Post, le tonitruant milliardaire n'avait de son propre aveu pas de sherpas en matière de diplomatie, sans que cela ne le dissuade de multiplier les envolées provocatrices sur sa vision du monde et sur ce qu'il ferait s'il entrait à la Maison Blanche le 20 janvier 2017.

Auprès du journal américain, qui a qualifié M. Trump d'éventuel président "non interventionniste", le magnat de l'immobilier a confié être entouré de cinq experts pilotés par le sénateur républicain de l'Alabama Jeff Sessions. C'est l'un des rares noms que Donald Trump citait ces dernières semaines quand on lui demandait d'en dire plus sur les cerveaux de politique étrangère censés le conseiller.

Il a ajouté lundi celui de "Walid Phares, que vous connaissez probablement, titulaire d'une thèse, conseiller auprès de la Chambre des représentants et expert en antiterrorisme". M. Trump s'appuie également sur "Carter Page et George Papadopoulos, un type excellent, consultant en énergie et pétrole", sur "Joe Schmitz (ex) inspecteur général au ministère de la Défense" et sur "le général Keith Kellogg", un officier à la retraite qui s'était fait vaguement connaître au début de l'occupation américaine de l'Irak en 2003.

Outre le fait que ces responsables sont d'illustres inconnus dans les allées du pouvoir à Washington, et encore plus du grand public, le Washington Post les classe tous dans la mouvance conservatrice.

M. Phares est un chercheur d'origine libanaise que des médias spécialisés ont lié à la faction chrétienne durant la guerre civile au Liban. M. Schmitz a travaillé sous l'administration du président républicain George W. Bush (2001-2009), avant de servir la société de sécurité privée Blackwater, à la réputation sulfureuse durant la guerre en Irak. MM. Page et Papadopoulos affichent des pédigrées dans les secteurs de l'énergie et du pétrole et conseillaient l'ex-candidat républicain Ben Carson.

Jérusalem, capitale d'Israël

Il y a deux semaines, Donald Trump avait concédé n'avoir "pas encore d'équipe" de politique étrangère.

Mais le favori pour l'investiture républicaine à la présidentielle du 8 novembre enchaîne depuis des mois les déclarations à l'emporte-pièce : promesse de faire construire un mur à la frontière mexicaine, financé par le Mexique, pour bloquer l'immigration clandestine. Menace aussi de faire expulser les 11 millions de clandestins.

M. Trump s'est dit ce mois-ci convaincu que "l'islam haïssait" l'Amérique et il a affirmé qu'il interdirait aux musulmans étrangers de mettre un pied sur le sol des Etats-Unis. Il a promis de faire la guerre commerciale à la Chine, au Japon et au Mexique, et de se rapprocher du président russe Vladimir Poutine, qu'il admire.

Alors que les liens Washington-Moscou sont tendus depuis 2012 en raison de la Syrie et de l'Ukraine, M. Trump a réaffirmé lundi lors d'une conférence de presse vouloir "une meilleure relation avec la Russie".

Auprès du Washington Post, il a ajouté qu'il réduirait très fortement l'implication des Etats-Unis au sein de l'Otan "qui nous coûte une fortune". Il se détournerait de l'Asie, alors que le "pivot" de l'Amérique vers cette région est la pièce-maîtresse de la diplomatie du président Barack Obama.

Et devant le groupe de pression juif américain pro-israélien Aipac, réuni à Washington, M. Trump a brisé un tabou sur le conflit israélo-palestinien : il s'est engagé, s'il est élu, à reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et à transférer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à la Ville sainte.

Très applaudi, il a aussi juré de "démanteler l'accord catastrophique" scellé en juillet dernier entre les grandes puissances et l'Iran sur son programme nucléaire et a accusé M. Obama d'avoir "peut-être été la pire chose qui soit jamais arrivée à Israël".

Le favori républicain a enfin taclé sa possible rivale démocrate Hillary Clinton en l'accusant d'être "faible avec l'armée (américaine) et faible franchement avec les autres pays".

AFP

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