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Trump hausse le ton face aux menaces visant la communauté juive


Le président Donald Trump, 21 février 2017.

Après avoir esquivé le sujet pendant plusieurs jours, Donald Trump a condamné mardi les menaces "horribles" visant la communauté juive après une série d'incidents visant des centres communautaires ces dernières semaines aux Etats-Unis.

Profitant de sa première visite du musée de l'histoire afro-américaine de Washington, inauguré il y a moins de six mois par son prédécesseur Barack Obama, le président américain a appelé à combattre "le sectarisme, l'intolérance et la haine sous toutes ses formes".

Mettant en avant un message d'unité - "Nous allons rassembler ce pays" - il a aussi réagi à la multiplication de fausses alertes à la bombe dans des centres juifs communautaires qui font l'objet d'une enquête du FBI.

"Les menaces antisémites qui visent notre communauté juive (...) sont horribles et douloureuses et sont un triste rappel du travail qui reste à faire pour éliminer la haine et les préjugés", a-t-il déclaré.

Dans le Missouri (centre), une centaine de tombes d'un cimetière juif de Saint Louis ont par ailleurs été profanées ce week-end, selon son responsable.

Si la fille M. Trump, Ivanka Trump, avait dénoncé ces menaces sur Twitter - "Les Etats-Unis sont une nation fondée sur le principe de la tolérance religieuse" - le président républicain était jusqu'ici resté muet sur le sujet.

Ses détracteurs reprochent au magnat de l'immobilier d'avoir, par sa rhétorique de campagne sur l'immigration et ses propos virulents contre le "politiquement correct", libéré la parole dans toute une frange extrémiste des Etats-Unis.

Interrogé spécifiquement le 15 février, lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sur la recrudescence des actes antisémites aux Etats-Unis depuis son élection, Donald Trump avait offert un réponse déconcertante, promettant "beaucoup d'amour" aux Etats-Unis ces prochaines années.

"Les personnes juives... tellement d'amis, et une fille qui est ici, un gendre, et trois beaux petits-enfants", avait-il lancé.

Jared Kushner, proche conseiller du président américain, est de religion juive et Ivanka Trump s'est convertie au judaïsme avant de l'épouser en 2009.

De nouveau interrogé sur le même thème vendredi, il avait une nouvelle fois répondu à côté: "Je suis la personne la moins antisémite qui soit (...) et la personne la moins raciste qui soit", avait-il lancé avant de passer à une autre question.

- 69 incidents -

Selon le Jewish Community Center Association of North America, 11 centres juifs à travers les Etats-Unis ont reçu de fausses alertes à la bombe nécessitant leur évacuation lundi. Au total, 69 incidents du même type ont été recensés depuis début janvier dans 27 Etats américains et une province canadienne, selon la même source.

"Si nous sommes soulagés que toutes ces menaces se soient avérées être de fausses alertes et qu'il n'y ait pas eu de blessés, nous sommes inquiets de l'antisémitisme derrière ces menaces et la répétition de ces dernières", a souligné David Posner, l'un des responsables de l'association.

Imposant bloc ultra-moderne paré de bronze, le Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine rassemble des milliers d'objets et de photos racontant l'histoire des Noirs, de l'esclavage à la lutte pour les droits civiques.

Il est situé à deux pas de la Maison Blanche sur le National Mall, immense coulée verte menant au Capitole.

"Aujourd'hui, et tous les jours de ma présidence, je m'engage à faire tout ce qui est possible pour poursuivre la promesse de liberté pour les afro-américains et pour tous les Américains", a déclaré M. Trump à l'issue de sa visite.

"Ce musée est un magnifique hommage à tant de héros américains", a-t-il martelé, précisant qu'il se rendrait "bientôt" également au Musée de l'Holocauste de Washington.

A l'occasion de la journée mondiale à la mémoire des victimes de l'Holocauste, le 27 janvier, le nouveau président américain avait rendu hommage aux "victimes, survivants et héros" de l'Holocauste sans citer nommément les Juifs, ce qui avait provoqué une polémique.

L'association Anti-Defamation League avait jugé cet oubli "déconcertant et inquiétant", rappelant qu'il marquait une rupture avec les mots utilisés par ses prédécesseurs, démocrates comme républicains.

Avec AFP

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