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Trois bateaux pêchant illégalement arraisonnés avec l'aide d'une ONG au Liberia

  • VOA Afrique

Des pêcheurs tirent leur filet hors de l'eau près de New Kru, Liberia, le 22 novembre 2005.

Trois navires ont été arraisonnés pour pêche illégale au Liberia lors d'une patrouille conjointe de l'armée et de l'ONG écologiste Sea Shepherd.

La patrouille mixte, dite "Opération Sola Stella", est en cours "depuis plus de trois semaines maintenant" dans le cadre de la lutte contre "les nombreuses pêches illégales sur notre territoire maritime", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère libérien de la Défense, David Dahn.

Elle implique une vingtaine membres des forces libériennes et de Sea Shepherd et se poursuivait lundi, a indiqué M. Dahn, sans préciser pour quelle durée.

Sea Shepherd a précisé, dans un communiqué, que la patrouille était menée avec son bateau, le MY Bob Barker, "sous le commandement du capitaine Fraser Hall".

Ses participants ont "le droit et l'autorité pour inspecter et arrêter les navires violant la législation libérienne" et travaillent en collaboration avec "deux conseillers maritimes israéliens qui fournissent une assistance à la formation de l'équipage", a ajouté l'ONG.

Gardée volontairement secrète "durant les premières semaines", l'opération "a déjà conduit à l'arrestation de trois navires de pêche illégale, actuellement en détention dans la base des garde-côtes libériens à Monrovia", a-t-elle dit.

Il s'agit "de trois chalutiers venant du Sénégal, de Chine et du Ghana", a expliqué Sea Shepherd dans son communiqué.

Il a été constaté sur eux "plus de 50 violations des lois libériennes et des réglementations maritimes", a-t-elle dit, citant "l'absence de permis de pêche, la manoeuvre sans document d'un navire, la pêche dans des zones réglementées, des travailleurs sans papiers et vivant dans des conditions insalubres".

Selon les détails fournis par l'ONG dans son communiqué, illustré par ailleurs de plusieurs photos, les arraisonnements ont eu lieu les 3, 7 et 18 février.

Le premier bateau saisi, identifié comme "FV Hispasen", est "un chalutier espagnol de 37 m portant un drapeau du Sénégal". Arraisonné près de la frontière ivoirienne, il a été découvert "en violation de 26 lois et règlements" dont le "transbordement de 20 tonnes de crevettes dans les eaux de la Côte d'Ivoire", ce qui "est strictement interdit".

Le deuxième navire, le "FV Shenghai 9", est un chalutier chinois de 40 m". Il a été "arraisonné dans le port de Monrovia" pour violation de 22 lois et règlements, son capitaine "n'a pu produire aucun document du navire" et les conditions sanitaires à bord "étaient épouvantables" pour ses membres d'équipage africains alors que les Chinois étaient mieux traités.

Le troisième bateau, le "FV Lu Rong Yuan Yu 988", est "un chalutier de 40 m signalé au Ghana". Arrêté "près de la frontière avec la Côte d'Ivoire", il "était en train de pêcher sans permis" dans une zone interdite aux chalutiers.

Le capitaine a tenté de corrompre les officiers en leur proposant 8.000 dollars (près de 7.600 euros) pour le laisser repartir.

La pêche illicite, non déclarée et non réglementée, dite INN, affecte principalement l'Afrique de l'Ouest, où elle représente entre un tiers et la moitié des prises, soit un manque à gagner pour le secteur évalué en 2014 à 1,3 milliard de dollars (plus de 1,23 millions d'euros) par an, selon des estimations.

Avec AFP

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