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Trente ans après la Convention de l’ONU contre la torture, Amnesty dénonce son essor


Les gouvernements du monde n’ont pas tenu leur promesse contenue dans la Convention des Nations Unies de 1984 contre la torture, déplore Amnesty International (AI). De nombreux gouvernements ont recours à la torture systématique, à grande échelle, affirme l’ONG dans un nouveau rapport.

A Port-Harcourt, sa ville, le Nigérian Justine Ijeomah est connu sous le nom de « Monsieur Droits humains ». Il soutient de nombreuses personnes arrêtées par les autorités. Les plus jeunes et les plus pauvres sont victimes de la brutalité policière et de la torture, affirme Ijeomah, qui a décrit le traitement qu’aurait subi un homme accusé d’enlèvement.

« On lui a passé les menottes aux poignets, puis aux chevilles ; ensuite ses jambes et ses bras ont été attachés ensemble. Il a été suspendu à une barre de fer, et le plat de la machette a été utilisé pour frapper son dos », a dit M. Ijeomah.

Les autorités nigérianes ont démenti ces allégations.

Cela fait trois décennies que 155 pays ont signé la Convention onusienne de 1984 contre la torture, mais nombre d’entre eux ignorent leurs promesses de l’époque, dit Michael Bochenek, directeur d’Amnesty International pour le droit international et la politique.

« Dans beaucoup de cas, nous parlons d’un usage systématique de la torture dans ces pays. Si bien qu’il y a une réelle divergence entre l’engagement sur le papier et la réalité », dit-il.

Toujours selon M. Bochenek, trois mesures essentielles doivent être prises par les pays concernés pour s’attaquer au problème de la torture : « Mener des enquêtes médicales effectives, s’assurer que les avocats puissent visiter leurs clients en détention et le faire immédiatement, veiller à ce que les membres de famille aient accès à leurs parents détenus ».

Au Brésil, 80% des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête internationale commanditée par Amnesty ont dit redouter d’être torturées par la police ; ce qui vaut à ce pays d’être le plus mal classé des 21 où l’enquête a été menée. Au Nigeria, le taux est de 50%. Selon M. Ijeomah, « Aucun des policiers qui se livrent à ces actes n’est traduit en justice. Le niveau d’impunité au Nigeria et dans certaines parties de l’Afrique est en train d’échapper à tout contrôle.

Selon l’enquête d’AI, 3 personnes sur 4, en Chine et en Inde, ont dit que la torture est parfois nécessaire à la protection du public. Par contre en Grèce, une personne sur dix est de cet avis.
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