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Egypte : des ONG inquiètes de la situation des défenseurs des droits de l'Homme


Hossam Bahgat dans son bureau du Caire, en Egypte, 7 décembre 2011.

Hossam Bahgat dans son bureau du Caire, en Egypte, 7 décembre 2011.

Treize organisations dont Human Rights Watch et Amnesty international ont alerté sur un nouveau tour de vis en Egypte contre les "derniers" défenseurs des droits de l'Homme, craignant de les voir emprisonnés

"Les autorités s'apprêtent à prendre rapidement des mesures concrètes pour réduire au silence les dernières voix critiques dans la communauté des défenseurs des droits humains en Egypte", déplorent les 13 ONG dans un communiqué commun.

Depuis que l'armée a destitué en 2013 le président islamiste élu Mohamed Morsi, le pouvoir du nouveau chef de l'Etat Abdel Fattah al-Sissi mène une répression sanglante contre ses partisans notamment au sein de la confrérie des Frères musulmans.

Le régime de M. Sissi a également emprisonné nombre d'opposants laïcs et libéraux ainsi que des défenseurs des droits de l'Homme. Les services de sécurité sont régulièrement accusés de détentions illégales et de violences, voire de tortures.

"Ces dernières semaines, les autorités égyptiennes ont convoqué des membres d'organisations de défense des droits de l'Homme pour les interroger, leur ont interdit de voyager à l'étranger, et ont tenté de geler leurs avoirs ainsi que ceux de leurs familles", indiquent les treize ONG dont HRW, Amnesty international, le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) et la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Selon elles, ces "mesures laissent penser qu'une enquête ouverte il y a cinq ans sur les financements et l'enregistrement légal des organisations de défense des droits de l'Homme pourrait déboucher prochainement sur des accusations d'ordre criminel".

En juillet 2011, cinq mois après la chute de Hosni Moubarak à l'issue du "printemps égyptien", les autorités avaient lancé une vaste enquête sur l'origine des fonds étrangers des organisations de défense des droits de l'Homme et leur enregistrement légal.

Ces procédures ont conduit à ce jour à des peines de prison et contraint cinq ONG à fermer leur représentation en Egypte.

Si elles ne sont pas légalement enregistrées ou si elles reçoivent des financements étrangers non autorisés expressément par le gouvernement, leurs membres encourent la prison à vie, une peine équivalent en réalité à 25 années d'emprisonnement.

Vendredi, le chef de la diplomatie égyptienne avait vivement réagi à des propos de son homologue américain John Kerry qui se disait "profondément préoccupé par la détérioration de la situation des droits de l'Homme en Egypte" à propos de cette enquête sur les ONG.

"Dans tous les pays, il y a des lois qui régissent ces organisations (...) et nous rejetons toute ingérence de la sorte dans les affaires de l'Egypte", avait sèchement rétorqué Sameh Choukry à M. Kerry.

Avec AFP

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