Liens d'accessibilité

Toujours pas d'enquête contre les militaires congolais soupçonnés de la disparition des Centrafricains


Des soldats onusiens, Bangui, 15 septembre 2014

Des soldats onusiens, Bangui, 15 septembre 2014

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme s'est inquiété qu'aucune enquête n'ait été lancée au sujet de soldats congolais soupçonnés d'avoir fait disparaître 11 civils en République centrafricaine il y a 15 mois.

"Nous sommes profondément préoccupés que plus de 15 mois après la disparition forcée d'au moins 11 personnes, dont 5 femmes et un enfant, par des troupes de la République du Congo, on ne sache rien de ce qu'ils sont devenus et qu'une enquête complète et transparente n'ait pas été menée par des autorités à l'intérieur et à l'extérieur du pays", affirme dans un communiqué Zeid Ra'ad al Hussein, qui réclame des enquêtes des différentes autorités concernées.

Les faits se sont produits à Boali, une localité au nord de Bangui, après l'arrestation le 24 mars 2014 de 11 personnes suite à un échange de tirs entre un groupe armé et un bataillon de l'armée congolaise opérant dans le cadre du contingent congolais de la Misca, une force panafricaine de maintien de la paix en Centrafrique.

Selon le communiqué, les 11 civils avaient été transférés dans une base de la Misca. Un témoin, présent sur ce camp, a dit avoir "entendu des cris, des hurlements et des coups de feu à l'intérieur des installations", une version confirmée par un second témoin.

"Un troisième témoin a indiqué que quelques heures plus tard un commandant est venu demander deux pelles, pour, a expliqué ce dernier, aider à renforcer les positions défensives". Ensuite, l'électricité a été coupée à la demande des militaires, puis la zone a été interdite pendant des semaines, précise le texte.

En visitant la zone, du personnel du Commissariat aux Droits de l'Homme a noté des ondulations du sol, note le communiqué, ajoutant que des sources locales pensent que les victimes ont été enterrées par là.

L'affaire avait été révélée en 2014 par Human Rights Watch. Les témoignages recueillis par l'ONG mettaient au jour qu'une vingtaine de militaires de la Misca avaient "appréhendé un groupe de 11 personnes, parmi lesquelles figuraient quatre femmes, au domicile d'un chef de la milice à Boali".

Suite à cette affaire, le chef de la Misca avait suspendu provisoirement le commandant qui dirigeait l'unité de Boali durant les faits et relevé tous les soldats de l'unité en poste dans cette localité au moment de l'incident.

M. Zeid, qui n'était pas en fonction au moment des faits, a récemment appelé à des enquêtes et une action de la justice sur les différents crimes attribués à des militaires étrangers en Centrafrique. ll a notamment fait référence aux allégations d'abus sexuels de militaires français sur des enfants, qui font actuellement l'objet d'une enquête des autorités françaises.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG