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Total va céder 350 millions de dollars de ses actifs au Gabon


Après deux décennies d’absence, le Gabon a décidé de rejoindre l’OPEP et espère booster sa production de pétrole. Mais les grèves à répétition dans le secteur risquent de plomber cet objectif.

Le géant pétrolier français Total va vendre certains de ses actifs au Gabon, dans un contexte d'inquiétude sur un possible retrait de Shell et plus généralement sur l'avenir de l'or noir dans ce pays, sa principale richesse.

Le géant pétrolier français a annoncé lundi la cession pour environ 350 millions de dollars au franco-britannique Perenco de près d'un quart de ses capacités de production (13.000 barils sur 58.000 barils en quote-part du groupe) au Gabon.

Total a ainsi vendu la société Total participations pétrolières Gabon (TPPG), qui détient des intérêts dans 10 champs pétroliers, ainsi que des participations dans cinq autres champs et dans un réseau de pipelines détenus par Total Gabon, a détaillé le groupe.

Cette annonce intervient dans un contexte tendu dans le pays autour du secteur pétrolier et des enjeux de diversification de l'économie, sur fond de rumeurs de départ pur et simple de Total, présent dans le pays depuis plus de 85 ans, mais aussi de la major anglo-néerlandaise Shell.

L'ancien ministre du Pétrole Etienne Dieudonné Ngoubou, révoqué depuis et placé en détention pour détournement de fonds présumé, avait démenti ces départs dans des propos tenus lors d'une conférence de presse et rapportés par des médias locaux.

Shell est cependant bien en discussion avec le fonds d'investissement américain Carlyle pour lui céder ses activités onshore dans le pays, a indiqué mi-janvier une source proche du dossier à l'AFP, ajoutant que la major anglo-néerlandaise conserverait ses activités en mer.

Alors que la compagnie est présente depuis 1960 dans le pays, un tel projet a poussé les salariés de Shell-Gabon à une grève de 11 jours, suspendue après la médiation du gouvernement.

La société française Maurel-Prom est également secouée par un conflit social après son passage sous le contrôle de l'indonésien Pertamina, ses salariés dans le pays demandant notamment le versement d'une prime.

L'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), le syndicat qui mène la fronde, est actuellement en train de convoquer des assemblées générales pour tenter de déclencher une grève générale dans le secteur, notamment à Port-Gentil, la capitale pétrolière du pays.

Le Gabon, cinquième producteur d'or noir en Afrique sub-saharienne, a connu son pic de production en 1997 à 18,5 millions de tonnes, et depuis le pays est sur une pente descendante, avec moins de 12 millions de tonnes pompées chaque année, selon les données de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Ce mouvement est "inquiétant pour le gouvernement (gabonais) car le pays est très dépendant des revenus pétroliers", note Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques.

Il s'explique par le déclin naturel des champs matures, dont l'exploitation a commencé il y a plusieurs dizaines d'années.

"Le Gabon est un pays mature : il est né au pétrole très tôt, voici quatre-vingt-dix ans. (...) Nous y avons une activité d'exploration, mais n'avons pas fait de découvertes récentes, si ce n'est celle de gaz", déclarait en septembre 2016 le PDG de Total Patrick Pouyanné, dans un entretien à Jeune Afrique.

Avec AFP

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