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L'ONU dénonce des représailles contre quatre avocats au Burundi


Le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-moon avec le président burundais Pierre Nkurunziza dans une conférence de presse conjointe à Bujumbura, le 23 février 2016.

Le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-moon avec le président burundais Pierre Nkurunziza dans une conférence de presse conjointe à Bujumbura, le 23 février 2016.

Ces avocats burundais sont accusés par Bujumbura d'avoir fourni des informations sur le Burundi au Comité des Nations unies contre la torture.

Les avocats Armel Niyongere, Lambert Nigarura, Dieudonné Bashirahishize et Vital Nshimirimana ont contribué à un rapport accablant de la société civile burundaise présenté à l'occasion de l'examen du Burundi par le Comité contre la torture les 28 et 29 juillet à Genève, indique un communiqué de l'ONU.

Mécontente de la présentation de ce rapport qui dénonce des cas de torture en forte augmentation, la délégation du Burundi, présidée par sa ministre de la Justice, a refusé de participer à la deuxième session de discussion avec le Comité le 29 juillet et a quitté la Suisse.

Le même jour, un procureur burundais a demandé à l'Ordre des avocats du barreau de Bujumbura la radiation des quatre avocats, alléguant "leur implication dans plusieurs infractions, y compris la participation à un mouvement insurrectionnel et une tentative de coup d'État", selon le communiqué.

Le Comité a envoyé une lettre à l'ambassadeur du Burundi auprès de l'ONU à Genève, demandant "des garanties immédiates afin qu'aucun membre de la société civile burundaise ne soit soumis à des représailles pour avoir coopéré avec le Comité".

Il demande une réponse des autorités burundaises au plus tard le 11 août, veille de la publication par le Comité de ses conclusions sur le Burundi.

Ce pays est plongé dans une grave crise émaillée de violences depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, avant d'être réélu en juillet.

Les violences ont déjà fait plus de 500 morts et poussé plus de 270.000 personnes à quitter le pays.

Les enquêteurs de l'ONU ont dénombré, entre avril 2015 et 2016, 348 cas d'exécutions extrajudiciaires et 651 cas de torture imputés aux forces de l'ordre.

Avec AFP

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