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Tollé en Afrique du Sud après un post sur Facebook comparant les Noirs à des singes


Le président de la ligue de la jeunesse du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), Julius Malema, prononce un discours à Soweto, 15 mai 2011

Le président de la ligue de la jeunesse du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), Julius Malema, prononce un discours à Soweto, 15 mai 2011

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud a annoncé mardi avoir porté plainte contre l'auteure blanche d'un commentaire sur Facebook où elle compare les Noirs à des singes, des propos qui ont suscité un tollé dans un pays meurtri par des décennies d'apartheid.

Penny Sparrow, une agente immobilière de Park Rynie dans la province du KwaZulu-Natal (est), s'est plainte sur Facebook de l'attitude de Noirs qui laissaient des détritus sur la plage pendant les festivités de fin d'année.

"A partir de maintenant, j'appellerai les Noirs sud-africains des singes, puisque les adorables petits singes sauvages font la même chose qu'eux: ramasser et jeter les déchets", a-t-elle écrit sur Facebook.

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin officielle du régime d'apartheid en 1994, a réagi en portant "plainte pour outrage (qui vise délibérément à porter atteinte la dignité d'autrui) contre plusieurs Sud-Africains qui ont tenu des propos racistes sur les réseaux sociaux".

Cette plainte de l'ANC vise Penny Sparrow et d'autres personnes ayant tenu des propos jugés racistes.

"Il est troublant de constater que des personnes intolérantes qui ont un temps gardé leurs opinions pour elles-mêmes semblent désormais décomplexées", a ajouté le porte-parole du parti, Zizi Kodwa.

L'ANC a également saisi la Commission sud-africaine des droits de l'Homme (SAHRC), estimant que de tels commentaires "dénigrent" et "insultent" la majorité noire du pays.

Devant le tollé, Penny Sparrow a effacé son commentaire et présenté des excuses, affirmant que son "intention n'était pas d'insulter personnellement quiconque".

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), dont elle est membre, s'est démarquée de Mme Sparrow en affirmant "exécrer" le racisme. Il a aussi porté plainte contre l'agente immobilière, accusée selon le DA de "déshumaniser les Sud-Africains noirs".

Plusieurs autres Sud-Africains blancs ont aussi récemment publié des commentaires à connotation supposée raciste. Un analyste économique, Chris Hart, a ainsi été suspendu par l'établissement bancaire Standard Bank pour un message sur Twitter suggérant qu'il y avait une "haine" croissante "envers les minorités", en référence à la minorité blanche.

Ces commentaires mettent en lumière les divisions raciales et la sensibilité du sujet en Afrique du Sud, 22 ans après la fin officielle de l'apartheid. Selon un sondage publié en décembre par l'Institut pour la justice et la réconciliation, une grande majorité (61,4%) des Sud-Africains estiment que "les relations raciales sont restées les mêmes ou se sont détériorées depuis les premières élections démocratiques en 1994".

Avec AFP

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