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Nicolas Tiangaye à la VOA : "Nous ne pouvons pas être abandonnés par la communauté internationale"


Nicolas Tiangaye, Premier ministre centrafricain

Nicolas Tiangaye, Premier ministre centrafricain

Le Premier ministre centrafricain ne s'était pas exprimé depuis le coup d'Etat à Bangui. Il affirme qu'il continuera à travailler avec la Séléka malgré la suspension de la constitution.

On ne vous a plus entendu depuis le coup d'Etat du week-end dernier. Comment allez-vous ?

Nicolas Tiangaye
: "Ça va mais il faut sécuriser Bangui. Je crois que c’est en train d’être fait et dans les prochaines heures la situation va s’améliorer."

La Séléka veut travailler avec vous mais voulez-vous travailler avec elle ?

Nicolas Tiangaye : "Ce n’est pas ça, c’est l’application des accords de Libreville. Ils prévoient que le Premier ministre doit être issu de l’opposition démocratique et le choix s’est porte sur moi. La Séléka a donné son approbation. C’est donc la continuité d’autant plus que la communauté internationale de poursuivre cette voie."

Michel Djotodia s’autoproclame président pour trois ans et va gouverner par ordonnance. Qu’en pensez-vous ?

Nicolas Tiangaye : "Nous allons mettre en place un organe législatif transitoire et consultatif qui donnera son avis. Il sera constitué de toutes les forces politiques de la nation comme cela a été le cas en 2003 quand Bozizé avait renversé Patassé."

Faut-il rétablir la constitution de 2004 qui a été suspendu ?

Nicolas Tiangaye : "Oui mais pour la rétablir il faudrait un referendum. Vous savez bien que nous sommes dans une situation exceptionnelle, de guerre, où le maintien de la constitution n’est pas techniquement envisageable. Ce n’est pas facile mais nous sommes contraint de travailler dans ces conditions."

La communauté internationale a condamné le coup d’Etat. Comprenez-vous son inquiétude ?

Nicolas Tiangaye : "La communauté internationale doit penser à la population, pas seulement au pouvoir. Il y a un peuple qui souffre, il ne faut pas qu’il soit abandonné. Les gens souffrent, manquent d’eau potable et d’électricité. Je lance un appel pour la population centrafricaine."

Quel bilan dressez-vous des dix années au pouvoir de François Bozizé ?

Nicolas Tiangaye : "Si son bilan était positif, je ne pense pas qu'il aurait été chassé du pouvoir aussi facilement. C'est une question de rapport de force. Il a été militairement vaincu, il n'avait pas le choix que de partir."

Propos recuillis par Nicolas Pinault
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