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Les Frères musulmans exigent le départ de Moubarak, un nouveau gouvernement de transition et des élections libres


Mohammed Badie, un des leaders des Frères musulmans.

Mohammed Badie, un des leaders des Frères musulmans.

Dans une interview exclusive à la VOA, les Frères musulmans - qui participent depuis vendredi aux manifestations "de la colère" contre le régime du président Hosni Moubarak -ont aussi annoncé qu'ils ne comptent pas présenter un candidat à la prochaine présidentielle.

Depuis le 25 janvier dernier, les manifestations en Egypte ont été marquées par des milliers d’arrestations de civils et d’opposants au régime Moubarak.

L'opposant le plus en vue Mohamed El Baradei a promis la poursuite de la contestation jusqu'au départ du président. De leur côté les Frères musulmans, principale force d'opposition, et mouvement interdit en Egypte ont déploré dans une interview exclusive à la VOA l’arrestation d’environ 150 membres de leur groupe, dont cinq membres du bureau politique, des dirigeants les plus connus, comme Essam El-Eriane et Mohamed Moursi.

Les Frères musulmans participent depuis vendredi aux manifestations "de la colère" contre le régime du président Hosni Moubarak. Jusqu’ici ils avaient appuyé du bout des lèvres les manifestations, laissant à leurs membres le choix d'y participer.

Contacté au Caire par la VOA. Abdel Mounoum Abdel Foutouh, un des leaders des Frères musulmans a martelé : « Nous, Frères musulmans, demandons la liberté pour notre peuple ; nous l’avons dit il y a quelques années, prendre le pouvoir ne fait pas partie de notre agenda. »

Des manifestants egyptiens demandant au président Moubarak de dégager

Des manifestants egyptiens demandant au président Moubarak de dégager


Abdel Mounoum Abdel Foutouh a aussi souligné que les Frères musulmans ne comptent pas présenter un candidat à la prochaine présidentielle. Qu’ils veulent la fin de l’état d’urgence, la formation d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections libres et transparentes. «Nous allons nous battre avec nos frères égyptiens pour des élections législatives et présidentielles libres, transparentes qui aboutiront à l’élection d’un président. Une élection qui reflètera le choix du peuple et un parlement qui représente le peuple égyptien », a-t-il souligné.

Mais le gouvernement égyptien vous accuse de chercher à récupérer ces manifestations pour des raisons politiciennes ?

« Oui, le régime corrompu et répressif du président Moubarak joue la carte islamiste pour faire peur à la communauté internationale. Mais ce n’est pas vrai. Notre mouvement est pacifique et modéré et selon les règles de la démocratie, tout groupe ou organisation pacifique doit avoir le droit de participer aux élections et de présenter un candidat. Mais malheureusement les pays occidentaux et surtout les Etats-Unis ont peur des islamistes. Oui il y a des islamistes extrémistes ici et là, mais notre mouvement est modéré », a rétorqué M. Abdel Foutouh.

Il a souligné que les Frères musulmans ont perdu plusieurs membres dirigeants durant «notre lutte pour la liberté, le droit au travail et le développement» auxquels ont droit tous les Egyptiens.

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