Liens d'accessibilité

Washington qualifie le franco-sénégalais Oumar Diaby, recruteur pour le jihad, de "terroriste international"


Militant du groupe Etat Islamique à Raqqa le 29 juin 2014. (Photo d'illustration - Reuters)

Militant du groupe Etat Islamique à Raqqa le 29 juin 2014. (Photo d'illustration - Reuters)

Les Etats-Unis ont qualifié vendredi de "terroriste international" le Franco-sénégalais Oumar Diaby, considéré comme un important recruteur de candidats au jihad en Syrie par les services français du renseignement, a annoncé le département d'Etat américain.

Le militant du Front Al-Nosra, qui se fait appeler Fateh al-Cham après avoir renoncé à son rattachement à Al-Qaïda fin juillet, est connu également sous le nom Omar Omsen.

Sa désignation comme "terroriste international" s'accompagne de sanctions économiques américaines. Selon les Américains, il a mené un groupe de cinquante volontaires français vers la Syrie pour combattre dans les rangs d'Al-Nosra.

"Bien qu'il ait été considéré comme mort en août 2015, il a refait surface en mai 2016, affirmant que (l'annonce de) son décès était un stratagème pour qu'il puisse se rendre en Turquie pour une intervention chirurgicale", a relevé le département d'Etat.

"Diaby avait attiré l'attention des services français de renseignement à cause de son implication avec un groupe extrémiste français et de ses vidéos de propagande sur internet", a-t-il poursuivi, soulignant que ces vidéos "sont considérées comme la principale raison pour laquelle autant de ressortissants français ont rejoint les groupes combattants en Syrie et en Irak".

Les parents de cet homme de 40 ans, originaire de Nice (sud-est de la France), avaient annoncé sa mort l'an dernier mais il est réapparu en mai dernier, dans une interview par Skype pour l'émission "Complément d'enquête" de France 2.

Le journaliste Romain Boutilly était entré en contact avec lui, d'abord via des proches, puis les réseaux sociaux. Il avait ensuite envoyé dans son camp en Syrie, dans la région de Lattaquié, un caméraman syrien pour parler avec ce commandant d'une katiba (cellule) d'une trentaine de jeunes Français, la plupart originaires comme lui de la région de Nice.

En mars, le nom de cette figure du jihadisme français avait déjà ressurgi lors de l'arrestation en région parisienne d'un homme soupçonné de vouloir mener des "projets d'actions violentes" en France.

Ancien délinquant franco-sénégalais, devenu un imam radical autoproclamé à Nice, Diaby a rejoint la Syrie en 2013. Considéré comme un proche de Forsane Alizza, un groupuscule islamiste dissout en 2012 par le gouvernement français, il affirmait se battre pour le Front al-Nosra.

Il n'a pas été accusé d'avoir des liens directs avec les attentats commis en France mais il a apporté son soutien a posteriori à l'attaque contre la journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015 à Paris.


Avec AFP

XS
SM
MD
LG