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Tensions entre l'Inde et les Etats-Unis suite à l'arrestation d'une responsable consulaire


Devyani Khobragade, accusée d'avoir exploité une domestique

Devyani Khobragade, accusée d'avoir exploité une domestique

Une diplomate indienne arrêté aux États-Unis la semaine dernière, affirme avoir été menottée et avoir subi des recherches de cavités corporelles répétées durant sa détention à New York pour une affaire de fausse déclaration d’employée de maison.

Les autorités new-yorkaises rétorquent qu’elle a été traitée comme d’autres suspects, ne bénéficiant que d’une immunité diplomatique partielle qui ne la mettait pas à l’abri d’une arrestation.

Dans un e-mail publié dans les médias indiens mercredi, la consul générale adjointe, Devyani Khobragade, a déclaré avoir fondu en larmes à plusieurs reprises lorsqu’elle a dû subir des examens de ses cavités corporelles, et autres indignités. Elle a dit également avoir été enfermée avec des criminels de droit commun et des toxicomanes, en dépit de ses affirmations répétées qu'elle bénéficiait de l'immunité diplomatique.

Mme Khobragade s’est vu reproché d’avoir aidé son employée de maison à falsifier ses papiers pour qu’elle puisse venir aux Etats-Unis, et d’avoir ouvertement menti aux autorités, déclarant qu'elle touchait 4,500 dollars par mois, pour un réel salaire mensuel de 573 dollars. En même temps, l’employée était forcée de travailler « nettement plus » que 40 heures par semaine, ont fait valoir les autorités américaines.

Selon les média, Mme Khobragade s’était engagée à plusieurs reprises dans la lutte pour l'égalité des sexes et le droit des femmes, des principes qu'elle n'aurait pas respecté dans sa vie privée.

L'arrestation le 12 décembre de Mme Khobragade a suscité l'indignation des autorités de New Delhi, qui ont pris une série de mesures de rétorsion contre les Etats-Unis. Les diplomates américains en poste en Inde se sont vus ordonner la restitution des cartes d’identité et badges d’aéroport facilitant leur circulation dans le pay

Mme Khobragade, 39 ans, est accusée d'avoir fait de fausses déclarations à l'appui de la demande de visa pour une ressortissante indienne, introduite aux États-Unis pour servir de personnel de maison. Elle est également accusée d’avoir payé cette femme beaucoup moins que le salaire minimum prévu par la loi.

Mme Khobragade, qui clame son innocence, a été libérée sous caution après avoir versé 250.000 dollars .

Le ministre indien d’Etat Sushil Kumar Shinde a témoigné de son mécontentement en annulant une rencontre avec une délégation de cinq membres du Congrès américain de passage à New Delhi. Le chef du parti du Congrès – le parti au pouvoir - Rahul Gandhi, et leader de l'opposition, Narendra Modi, ont également annulés des réunions avec les visiteurs. L'Inde a également convoqué mardi l'ambassadeur des Etats-Unis, Nancy Powell, en signe de protestation et a suspendu les importations destinées à l'ambassade américaine.

La porte-parole du département d'Etat, Marie Harf, a cherché à minimiser l’incident, évoquant « un incident isolé » et faisant valoir que les Etats-Unis et l'Inde entretiennent « une profonde amitié ».

Selon les média, l’Inde aurait transféré Mme Khobragade à sa mission permanente aux Nations Unies (ONU), pour qu’elle puisse bénéficier d’une plus large immunité diplomatique.
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